
Biographie
de l'artiste
Peintre de genre et de paysages, Gaston de La Touche reçut les conseils de Manet, ainsi que ceux de Félix Bracquemond, avec qui il était lié d’amitié et qu’il peignit à ses côtés en 1908 dans Bracquemond et son disciple (musée d’Orsay). Manet, quant à lui, représenta La Touche dans Un Bar aux Folies-Bergères et lui offrit sa palette en souvenir. Membre de la Société Nationale des Beaux-Arts depuis 1890, il était sociétaire des Artistes Français depuis 1883, obtint des médailles de troisième classe en 1884, de deuxième classe en 1888. En 1890, la Société Nationale des Beaux-Arts, scission du Salon officiel, est inaugurée au Palais de l’Industrie, sous l’égide de Meissonier et Puvis de Chavannes. La Touche était alors un des artistes de tradition classique les plus en vue de cette scission. Il reçut une médaille de bronze à l’Exposition Universelle de 1889 et une Médaille d’Or à celle de 1900. Nommé Chevalier de la Légion d’Honneur en 1900, il fut promu Officier en 1909. Par ailleurs, il fonda la Société de la Peinture à l’eau, dont il fut le président. Ses paysages peints avec brio ont à la fois la grâce du XVIIIème siècle et le goût du Modern’Style. A ses débuts, il présenta aux Salons des toiles réalistes parfois dramatiques (L’Enterrement d’un enfant en Normandie, 1884), avant de s’orienter à partir de 1890 vers des sujets inspirés du XVIIIe siècle galant : couples dans des parcs (Scène galante à la tonnelle, musée de Flers), fêtes et concerts nocturnes (Féerie de nuit, 1906), promenades en gondole à Venise, soupers aux chandelles (La Fête chez Thérèse, 1906, Villa Arnaga, Cambo), scènes intimistes contemporaines (Jalousie ou Le Singe, musée d’Orsay), ou vues du parc de Versailles, qu’il aimait par dessus tout. La Touche fut plus influencé par Bracquemond que par Manet. La rupture de style entre les sujets réalistes à caractère social de ses débuts et les sujets issus de Watteau qui ont fait sa renommée est très nette. La Touche lui-même détruisit la majorité des tableaux de sa première période. Son style clair aux touches papillotantes « impressionnistes » et aux reflets dansants rencontrèrent un large succès auprès du public, mais aussi auprès de l’Etat, qui lui commanda des panneaux décoratifs pour l’Elysée, les ministères de la Justice et de l’Agriculture, et la Mairie de Saint-Cloud. Son exposition d’ensemble en 1908 à la galerie Georges Petit fut un triomphe. La mort interrompit prématurément sa carrière, alors qu’il avait conquis dans le monde artistique une place hors pair. Il fut également sculpteur, graveur (L’Assommoir), et illustrateur. En 1917 fut publiée une édition des Poèmes d’Henri Régnier, illustrée d’après ses compositions.
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