
Biographie
de l'artiste
Peintre de portraits, de scènes historiques et de genre, Jan Van Beers est né en 1852 à Lierre en Belgique et mort en France en 1927. Il grandit dans un milieu particulièrement favorable à son épanouissement artistique et culturel , son père étant un célèbre poète et,très tôt, il s’entoure d’amis comme le musicien Pierre Benoit (1834-1901), dont il fera le portrait en 1883, ou le très célèbre peintre le Baron Henry Leys. Dès son enfance, il développe un talent pour le dessin et la peinture. Plus tard, lorsqu’il étudiera à la fameuse Académie des Beaux-Arts d’Anvers, il deviendra le chef de file d’un groupe de jeunes étudiants en art connu sous le nom de « la clique Van Beers ». Parmi eux on trouve des artistes talentueux et prometteurs comme Piet Verhaert (1852-1908), Alexander Struys (1852-1941), et Jef Lambeaux (1852-1908). Ce groupe établit aussi sa réputation sur ses mésaventures et excentricités, Van Beers ayant pour habitude de s’habiller comme Van Dyjk et de se proclamer son descendant. Cependant déjà à cette époque, les critiques étaient unanimes pour reconnaître la supériorité technique(la maitrise ) de Van Beers qu’ils n’hésitaient pas à comparer à celle des grands maîtres de la peinture Flamande. Mais Van Beers , à la recherche de la célébrité et de la fortune s’installe à Paris en 1878 et travaille d’abord dans l’atelier de A. Stevens. A partir de 1879, il se lance dans la production de petits tableaux, presque des miniatures, exécutés d’ un coup de pinceau d’une délicatesse et d’une précision extrême, hyper réaliste dans les détails et par leur finition. Le succès attendu est immédiat. « Soir d’Eté », une toile qu’il expose au Salon de Paris de 1880 reçoit les louanges des critiques unanimes, qui , en France comme en Belgique, vantent la finesse et l’élégance de sa touche, ajoutant qu’aucun autre artiste n’atteint une telle perfection. Mais, l’année suivante, au Salon de Bruxelles, Van Beers devient le protagoniste d’un scandale qui, tout en bouleversant le monde des arts en Belgique va le propulser au devant de la scène artistique et assurer sa célébrité. Van Beers exposait deux tableaux au Salon de Bruxelles de 1881. Le premier, « Lily » était un tout petit portrait d’une charmante jeune fille. L’autre, « Le yacht ‘La Sirène’ », était une œuvre plus ambitieuse par sa composition malgré sa taille moyenne. C’est celle là qui fut au centre du procès intenté à l’artiste. Il fut accusé d’avoir poussé le réalisme au-delà du possible, du jamais vu auparavant ! en d’autres mots, d’avoir peint sur une photographie. Certains critiques belges, Solvay et De Mons parmi les plus virulents, demandèrent malicieusement « à combien d’exemplaires cette photo-peinture (avait) été tirée » et l’accusèrent de n’être qu’« un retoucheur adroit ». La revue ‘l’Art Moderne’ de son côté pris la défense de Van Beers et affirma que ces critiques se faisaient l’écho de peintres jaloux du succès commercial de l’artiste. Ce dernier, qui était resté muet devant l’ébauche de critiques au Salon de Paris, décida à Bruxelles de réagir immédiatement. Il proposa à ses détracteurs d’enlever une couche de peinture de ses toiles et de les examiner devant des experts. S’ils trouvaient la moindre trace d’une photo sous la peinture, il leur paierait 10 000 francs pour « Lily »et 20 000 pour « La Sirène », l’équivalent de leur prix de vente.Dans la négative, ils devraient verser cette somme à la Caisse de recours des Artistes Belges.
 |