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Frantz Charlet

Une partie de dama

Huile sur panneau  signé et daté 1891 en bas à gauche

56 x 76 cm cm

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Une partie de dama
Huile sur panneau  signé et daté 1891 en bas à gauche
56 x 76 cm

Biographie de Frantz Charlet

Fils d’une famille d’industriels bruxellois, Frantz Charlet révèle très jeune des dons singuliers pour la peinture. A l’âge de 10 ans, il obéit à un irrésistible instinct d’imiter les formes et les couleurs, puis traduit ainsi ses premiers sentiments et émotions. En 1877, lors  d’une exposition à Gand, le jeune Charlet se fait remarquer en proposant une nature morte d’une qualité exceptionnelle; les critiques de l’époque félicitent ce  jeune prodige de la peinture. 

Un tel talent doit être encadré et c’est auprès de Portaëls, directeur de l’École des beaux-arts de Bruxelles, que Frantz Charlet prend ses premiers cours de peinture. Pendant deux ans, il sera un élevé très à l’écoute des conseils de son premier mentor. Puis ce dernier lui suggère de se rendre à Paris afin de développer son talent auprès des grands maîtres de la peinture. Tour à tour,  il suit l’enseignement de Jules Lefebvre, de Carolus Duran puis de Jean-Léon Gérôme qui lui porte une affection particulière. Le grand peintre et professeur lui transmet son amour de l’Orient et l’incite à visiter l’Afrique. 

Frantz Charlet entreprend alors un premier voyage dans le sud de l’Espagne. Attiré  par la lumière et les diverses formes architecturales que lui offre ce pays, il décide de poursuivre son voyage jusqu’au Maroc. Il y rejoint son ami Théodore Van Rysselberghe installé près de Tanger à Ras el Ma, la capitale du Rif. Charlet y séjournera huit mois durant l’année 1883. Le peintre vivra là une période heureuse et prolixe alors qu’il découvre la chaleur et la lumière du  Maroc. Il fréquente  les Rifains  qui servent de modèles à ses compositions. Durant ces huit mois, Charlet et Van Rysselberghe ne cessent de peindre des sujets orientalistes qu’ils rapporteront avec eux en France.  

De retour en France, les deux amis débarquent à Nice avec une trentaine de tableaux qu’un marchand nommé M. Lambert remarque. Emerveillé par la qualité exceptionnelle des œuvres, il leur achète une dizaine de tableaux. Les poches  remplies de louis d’or,  Charlet retourne à Bruxelles auprès de sa famille. Très actif  dans le milieu artistique, il organise dès septembre 1883 une exposition au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles où il présente une dizaine de tableaux orientalistes ;  ses œuvres remarquables sont saluées par le public et les critiques sont dithyrambiques.

Malgré ce premier succès,  Charlet est hanté par la nostalgie du ciel bleu. Il reprend donc le chemin du Maroc en décembre 1883, accompagné de son fidèle ami Van Rysselberghe. Ils achètent une petite maison à Ras al Ma,  juste à coté d’un atelier de fileuses.  Et pendant deux ans, Charlet se consacre essentiellement à peindre des  personnages dans leur quotidien. Ses domestiques et voisins sont ses modèles et c’est ainsi que l’atelier des  fileuses inspirera une œuvre impressionnante de deux mètres sur un mètre cinquante qu’il exposera en 1885 à Bruxelles, lors de l’exposition intitulée « Les vingt toiles rapportées du Maroc ». Charlet  profite de cette occasion pour effectuer un voyage en Hollande accompagné des  peintres  Whistler et  Carriès. Il y découvre une atmosphère brumeuse et se passionne pour les paysages marins. Ainsi, il délaisse petit à petit  sa passion pour l’Orient.

En 1890, Charlet s’installe définitivement à Bruxelles et  se consacre essentiellement  à peindre des paysages et des marines de son pays. Il est l'un des premiers peintres en Belgique à rechercher dans ses paysages et ses marines un coloris plus clair et une touche plus libre, pleine de verve, se rapprochant ainsi des peintres impressionnistes français.  

Membre actif du milieu artistique belge, il fonde en 1882 avec James Ensor et Van Rysselberghe la société des XX, puis en 1903 il est nommé sociétaire de la  Société nationale des Beaux-Arts. Enfin, en 1906 il est membre fondateur avec Gaston La Touche de la  Société internationale des peintures à l’eau.

Ce magnifique tableau de Frantz Charlet est une œuvre réalisée pendant son deuxième séjour au Maroc.  Il  y représente  sept  enfants  autour d’un jeu appelé  la dama, inspiré du jeu de dames espagnol. On reconnaît parfaitement la coiffure traditionnelle des enfants du Rif. Le crâne rasé avec une mèche de cheveu au centre du  crâne, est une tradition qui date de l’Égypte antique. Ce style ancien pour les  jeunes garçons vise à lutter contre les maléfices et le mauvais œil. Les jeunes  garçons sont assis à même le sol sur un tapis traditionnel ou kilim, type de tapis  en laine, tissé à la main et dont les motifs représentent les attributs d’une région. Dans le nord  du Maroc,  le tapis berbère est souvent décoré de losanges, de triangles et de franges, tel que le tapis représenté dans ce tableau. Frantz Charlet traduit dans cette composition tous les éléments qui constituent son quotidien au  Maroc. Ces  jeunes garçons sont sûrement les enfants des fileuses installées à coté de sa maison. D’ailleurs, les enfants devaient servir de modèles à l’artiste mais aussi à leurs mères. Comme on le voit  sur ce  tableau, un  jeune  garçon  est habillé en kaftan, tenue traditionnelle féminine, mais son visage est caché, l’artiste souhaitant ainsi respecter la pudeur de son jeune modèle.

Ce tableau met en valeur l’artisanat du nord du Maroc, avec la  tapisserie et les belles tenues traditionnelles. On reconnait parfaitement les techniques de couture sur les costumes,  les mejdoules (cordons torsadés) que l’on utilise pour orner les  tenues. Les babouches de couleur jaune, le tarbouche ou fez en feutrine rouge porté par le jeune garçon à la cigarette. Ce tableau d’un réalisme puissant nous traduit parfaitement l’ambiance régnant dans ce petit village. C’est une œuvre presque  anthropologique qui nous  permet de comprendre  les codes et  les  rites de l’époque. D’une part il montre l’autonomie des enfants, avec  ce  jeune  garçon qui fume tel un homme. D’autre part, il marque la soumission aux parents avec cet enfant qui doit servir de modèle à l’atelier. Enfin, il souligne l’importance des rites et des traditions grâce aux coiffures et aux coiffes. 

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