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Jacques Majorelle, un artiste orientaliste majeur

Jacques Majorelle, des premières années prometteuses

Tableau Jacques Majorelle 7 mars 1886. Louis Majorelle, ébéniste proche de la trentaine, donne naissance à son premier fils : Jacques Majorelle. Il est marié à Marie Léonie Jane Kretz. Ce sera leur seul enfant. Le couple ne le sait pas encore mais leur fils est voué à un brillant avenir. Il deviendra l'un des principaux représentants du mouvement orientaliste en France. Dès son plus jeune âge, le petit Jacques baigne dans un environnement créatif et artistique. S'il n'a pas connu son grand-père paternel, mort sept ans avant sa naissance, l'enfant est conscient de l'héritage qu'il a laissé. Artiste reconnu dans le domaine de la céramique et la faïence, Auguste Majorelle avait déjà transmis sa passion pour l'art et l'artisanat à son propre fils. Ce n'est plus qu'une question de temps avant que Jacques prenne à son tour le relais. Louis Majorelle met au point des copies de mobilier de style Louis XV. En 1894, alors que Jacques Majorelle n'a que huit ans, il partage la fierté de la famille lorsque Louis expose ses créations à l'Exposition d'Art décoratif et industriel de Nancy. S'il y a un mot qui définit l'esprit créatif de la famille Majorelle, c'est bien pionnier. Auguste Majorelle lui-même avait déjà breveté certaines de ses inventions. A présent, influencé par le travail de verres d'Émile Gallé, Louis Majorelle fait évoluer le design de ses meubles. Il intègre des touches naturalistes. Pour observer son père à l'œuvre, Jacques Majorelle le suit dans ses ateliers. La passion artistique du fils est déjà palpable. Il a alors une dizaine d'années.

En 1901, à l'âge de quinze ans, Jacques Majorelle rejoint les rangs de l'École des beaux-arts de Nancy. Son père, membre du courant art nouveau de l'École de Nancy, ne pouvait espérer mieux pour son fils. La relève semble assurée. Jacques Majorelle décide de s'inscrire en section Architecture et Décoration. Deux ans plus tard, pour poursuivre sa formation et élargir ses horizons, il part s'installer à Paris. Il est vrai que pour le jeune homme qui aspire à devenir un peintre de renom, la vie provinciale à Nancy montre rapidement ses limites. La séparation avec le père était inévitable. Jacques Majorelle n'est pas encore majeur et pourtant, il a le privilège de suivre les cours de l'atelier de François Schommer et Henri Royer. En 1904, "Le Carré de Choux", première grande peinture Jacques Majorelle montre le talent du jeune artiste. Il a 18 ans, le voilà entré dans l'âge adulte.

Les voyages inspirants du jeune Jacques Majorelle

Tableau Jacques Majorelle Le succès n'est plus très loin pour Jacques Majorelle. Son déménagement de Nancy vers Paris n'était qu'une première étape dans sa vie d'artiste. Le peintre voit déjà plus grand. Il décide de partir à l'étranger pour faire de nouvelles découvertes et nourrir son imaginaire. C'est ainsi qu'il se retrouve à sillonner les routes d'Espagne et d'Italie. Il a une vingtaine d'années. Son style orientaliste n'est pas encore très défini et pourtant, la chaleur et les paysages de l'Europe du sud libèrent déjà son esprit créatif. Pour lui qui a grandi dans l'est de la France, le dépaysement est sans doute grandiose. D'Italie, il ramène "Venise, porte gothique" et "Burano, maisons roses", deux huiles sur bois. "La Lessive à Santa Margarita", autre tableau Jacques Majorelle reflète la vision du peintre suite à son voyage en Espagne. Mais les paysages urbains et naturels du sud ne sont pas sa seule source d'inspiration. Le jeune artiste réalise même un portrait de son père, qu'il nomme classiquement "Portrait de Louis Majorelle" en 1908. La même année, il a la chance de pouvoir exposer certaines de ses œuvres à la Société des Artistes Français. La chance semble lui sourire, son avenir est déjà tracé. Si artistiquement, la réussite de Jacques Majorelle est totale, sa santé est beaucoup plus fragile. Le jeune homme souffre d'une maladie pulmonaire. Ce qui pourrait être un handicap pour certains devient en réalité un véritable tremplin pour le peintre. Pour mieux respirer, Jacques Majorelle se lance en quête de climats chauds et secs. Un environnement qui sera autant bénéfique pour sa santé que pour son génie. En 1910, il part ainsi en Égypte. Deux ans plus tard, son tableau "Marg, Égyptiennes" montre déjà le tournant orientaliste pris par le peintre.

Encore deux ans plus tard, un événement majeur risque pourtant de bouleverser la vie de l'artiste. La première Guerre mondiale éclate, l'Europe est déchirée. Ici encore, la maladie de Jacques Majorelle jouera en sa faveur. Réformé, l'artiste continue son exploration du monde oriental, en particulier des pays arabes. En 1917, il s'installe au Maroc. Les villes de Marrakech et de Casablanca en particulier lui font une bonne impression. C'est d'ailleurs dans cette deuxième ville qu'il exposera ses créations dans le hall de l'hôtel Excelsior. Nous sommes alors en 1918. La guerre est finie mais l'œuvre de Jacques Majorelle a encore de longues années devant elle.

Jacques Majorelle et le Maroc

Jacques Majorelle Le Maroc est une véritable révélation pour Jacques Majorelle. Il en tire une très grande source d'inspiration pour de nombreux tableaux. A présent, c'est là que sa vie sera. D'autant plus qu'en 1919, le jeune peintre se marie. Il s'unit à Andrée Longueville avec qui il est arrivé au Maghreb. Les paysages colorés du Maroc, les montagnes qui délimitent le Sahara, les souks animés, la vie mouvementée des Marocains... Tout nourrit l'art et les créations de Jacques Majorelle. Ne se contentant pas de rester dans les grands centres urbains et les cités royales du pays, l'artiste part en expédition dans le su. Là-bas, à l'écart de la vie citadine, la nature est reine. Il n'en faut pas plus pour influencer les œuvres de l'artiste. Le peintre Jacques Majorelle enchaîne les tableaux de maître. En 1922, il peint l'huile sur bois "Ighiln'oro, Le Mellah". En 1924, "Le Souk des tapis" (1924) s'impose comme l'une de ses plus grandes huiles sur toile. C'est aussi l'une de ses plus abouties.

En 1923, il s'essaie à l'art de l'affiche avec "Le Maroc, le Grand Atlas, vallée d'Ounila". Comme son grand-père et son père avant lui, Jacque Majorelle ne s'enferme pas dans son art. Il reste ouvert à la découverte. C'est d'ailleurs ce qui définit un véritable artiste. En parallèle de ses huiles et de ses aquarelles, l'affiche devient donc un autre des arts qu'il commence à maîtriser. A l'époque, il s'agit d'un support nouveau qui réforme les codes de l'art classique. En s'y soumettant, le peintre Jacques Majorelle montre qu'il compte bien rester en phase avec son temps. L'art pictural n'est d'ailleurs pas la seule corde à l'arc de l'artiste. Changé par son périple en Afrique du Nord, Jacques Majorelle publie un journal qui raconte son voyage : "Carnet de route d'un peintre dans l'Atlas et l'Anti-Atlas". Elle semble loin l'époque où il n'était qu'un jeune garçon impressionné par les créations de son père. L'atelier paternel de Nancy est à des milliers de kilomètres de la nouvelle vie de Jacques Majorelle. Un événement tragique va pourtant rapidement venir s'immiscer dans cette distance.

En 1926, Louis Majorelle, toujours installé à Nancy, décède. Il avait 66 ans. En difficultés financières, l'entreprise familiale ne survivra que 5 ans de plus. Malgré tout, la vie continue pour le fils. Se remettre à créer, c'est peut-être même le plus bel hommage qu'il peut rendre au père. C'est ainsi qu'il est amené à peindre le plafond de l'hôtel La Mamounia à Marrakech. Jacques poursuit aussi son exploration de la région de l'Atlas. La même année que la mort de Louis Majorelle, il publie une autre affiche : "Paris-Lyon-Méditerranée. Le Maroc par Marseille". Le peintre Jacques Majorelle décide de vivre dans une maison mauresque avec grand jardin.

L'univers coloré de Jacques Majorelle

Jacques Majorelle Les collectionneurs intéressés par l'achat tableau Jacques Majorelle savent qu'à trente ans, tout le potentiel de l'artiste n'est pas encore révélé.

En 1930, il donne une nouvelle perspective à son art en commençant à peindre des nus de Noires. Cette expérience marque le début des expériences de l'artiste sur les couleurs. Pour mettre en avant ses créations, il privilégie souvent les mélanges de l'or et de l'argent. La même année, il publie l'album "Les Kasbahs de l'Atlas". Deux ans plus tôt, il avait déjà sorti l'affiche "Société de géographie du Maroc, Kasbah de Tamdart". Après ses séjours dans l'Atlas, il se met à voyager en Afrique noire. Rapidement, le peintre ressent le besoin de disposer d'un atelier à la hauteur de ses aspirations. Le projet de construction d'une villa cubiste est ainsi confié à deux architectes : Poisson et Sinoir. Jacques Majorelle continue son travail des nus dans les années 1930. Parmi ses oeuvres les plus significatives, "Nu portant des couffins" et "Deux nus, attitudes" sont deux sanguines sur papier.

En 1937, l'artiste décide de peindre sa villa de Marrakech avec des couleurs vives. La peinture est dominée par des tons bleus. Il donne alors son nom au coloris. Le bleu Majorelle est né. La même année, il peint également son atelier dans ce bleu outremer. C'est un bleu particulièrement intense avec quelques notes de violets. Dans un environnement marqué par les couleurs chaudes, le peintre a fait ce choix car il invite à la relaxation et la détente. Un bleu qui refroidit une atmosphère parfois suffocante. L'artiste possède désormais un lieu de douceur pour créer sans limites. Aujourd'hui encore, le bleu Majorelle est un pigment commercialisé. On trouve ainsi le pigment minéral Bleu de Majorelle. En peinture comme en cosmétiques, le peintre Jacques Majorelle a laissé sa trace avec la décoration bleu Majorelle et le N°18 Bleu Majorelle en vernis à ongles.

Jacques Majorelle, les dernières années d'une vie dédiée à l'art et au Maroc

En 1945, la seconde Guerre mondiale est terminée. Réfugié au Maroc et souffrant toujours de sa maladie pulmonaire, Jacques Majorelle n'a pas été directement impacté par le conflit. Alors que l'Europe se reconstruit péniblement et jure de ne plus jamais se diviser avec de tels dégâts humains et matériels, Jacques Majorelle a presque 60 ans. Sa vie artistique n'est pas encore finie mais la plupart de ses œuvres sont déjà créées. Le peintre a déjà atteint le sommet de sa gloire. Il s'agit à présent pour lui de vivre au mieux les dernières années de sa vie. En 1947, il décide d'ouvrir son jardin au public. Après des décennies à vivre reclus dans son atelier et à parcourir l'Afrique du Nord à la recherche de l'inspiration, l'heure est sûrement venue pour Jacques Majorelle de mener une vie plus détendue et de se reconnecter avec son public.

En 1955, le peintre est victime d'un terrible accident de voiture. Il n'en sort pas indemne. A l'aube de ses soixante-dix ans, il n'a pas d'autre choix que de devoir subir une amputation du pied. L'artiste perçoit que sa vie ne sera plus la même. Peu importe, il a déjà profondément marqué le monde de l'art. Il a entièrement rempli sa mission. Aux côtés du génie russe de Kandinsky et l'esprit créatif de l'Allemand Paul Klee, il peut se vanter de figurer parmi les grands noms qui ont façonné l'orientalisme au XXème siècle. Klee et Kandinsky sont déjà morts depuis plus de dix ans. Leur art est pourtant toujours bien vivant. Impossible de savoir si Majorelle en était conscient mais il connaîtra bel et bien le même avenir. Son corps faiblit mais son art lui survivra. En 1956, la vie amoureuse du peintre montre aussi des signes de faiblesse. Le couple divorce. L'artiste se remarie en 1961, un an avant sa mort. Louis Majorelle décède à Paris le 14 octobre 1962. S'il a passé la majeure partie de sa vie au Maroc, il est obligé de se faire rapatrié en France pour se faire soigner suite à une fracture du fémur. L'état de santé du peintre se détériore à grande vitesse. Il meurt à 76 ans, en laissant derrière lui des créations nombreuses et colorées. Et une villa, un atelier et un jardin au Maroc. Il est enterré au cimetière de Préville de Nancy près de son père, inhumé 36 ans plus tôt. Père et fils sont réunis pour toujours.

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