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Emmanuel Gottlieb Leutze

Paradis et Peri

Huile sur toile  signée, située et datée "Düsseldorf 1858" en bas à droite

147 x 108 cm cm

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Paradis et Peri
Huile sur toile  signée, située et datée "düsseldorf 1858" en bas à droite
147 x 108 cm

Biographie de Emmanuel Gottlieb Leutze

Peintre de l’école allemande, Emmanuel Leutze est né en 1816 près de Stuttgart. Sa famille émigre aux Etats Unis en 1825, alors qu’il est âgé de neuf ans. Il reçoit son éducation artistique à Philadelphie où il débute une carrière prometteuse à la fois comme portraitiste et peintre d’histoire.

En 1841, il décide de partir vers son pays natal et s’établit à Düsseldorf. En effet,  cette ville s’est dotée en 1819 d’une nouvelle et prestigieuse académie des Beaux-Arts au programme d’enseignement très élaboré et dont la direction a été confiée successivement à deux peintres de renom issus du mouvement nazaréen : Peter von Cornelius (1784- 1867) jusqu’en 1824, puis Wilhem von Schadow (1788- 1862). Ce mouvement artistique prônait le renouveau de l’art allemand par la religion, en s’inspirant de Dürer et de Raphaël. Leutze y travaille sous la direction de Lessing, mais suite à des différents avec son maître, il prend rapidement un atelier particulier.

En 1842, l’artiste visite Munich, Venise et Rome puis revient à Düsseldorf en 1845. Il y produit un nombre important de peintures. Après plusieurs voyages en Amérique en 1851 et en 1859, il choisit de s’y établir définitivement en 1863. En effet, bien que né en Allemagne et formé dans le style narratif de l’école de Düsseldorf, Leutze s’est toujours considéré comme un peintre américain. Baigné de l’histoire américaine, il explore dans nombre de ses œuvres de jeunesse les différents aspects de l’iconographie du Nouveau Monde.

Son chef-d’œuvre incontesté « Washington traversant le Delaware », représente le futur premier président des Etats Unis sur le point d’affronter les troupes britanniques à Trenton, dans le New Jersey, lors d’une bataille décisive de la révolution américaine. Ce gigantesque panorama exposé en 1852 dans le Capitole devient presque immédiatement l’un des principaux symboles américains. La renommée de l’artiste en ressort encore plus grande, son talent est unanimement salué.

Dans ce tableau, l’artiste s’éloigne de ses scènes de combats  et panorama habituels. Peint en 1858, « Paradis et Peri » illustre une scène issue des quatre contes du poète irlandais Thomas Moore publiés en 1857. La Peri, descendante ailée des anges déchus dans la mythologie Perse et Islamique, se voit refuser l’entrée du Paradis tant qu’elle ne se sera pas repentie. Les vers de Moore choisis par Leutze décrivent l’instant où :

« La Peri pourrait être pardonnée

Qui rapporte à la porte éternelle

Le cadeau qui est le plus cher au Paradis / Va, cherche le et repend toi de tes péchés

Cette douceur pour laisser entrer le pardon »

 

Dans la mythologie perse, Peri est un esprit qui a été renié du Paradis. Dans des sources plus anciennes, les Peri sont décrits comme des agents du mal ; plus tard elles sont devenues inoffensives. Ce sont des créatures exquises, ailées, semblables à des fées qui sont classées entre les anges et les esprits maléfiques. Ces êtres sont parfois représentés, comme c’est le cas dans notre toile, dans un Paradis avec, à leur tête, la reine des fées.

 Ce tableau montre l’intérêt de Leutze pour la mythologie mettant en valeur la  représentation de Peri,  ornée de bijoux et qui offre son troisième et dernier cadeau, une larme sacrée. Cette larme, d’après Moore, a été prise par Peri à un pêcheur qui se repentait. Ce pêcheur, ému par un enfant priant Dieu, versa une larme. Par cette larme de repentance, la Peri pourra retrouver l’accès au Paradis. L’artiste  représente  la larme sur le visage de la Peri. Il montre le moment où la Peri est face à un Dieu ailé, dans ce qui semble être le Paradis. Ce Dieu est immergé dans une lumière ocre, véritable profusion lumineuse qui confère à la toile un caractère irréel. C’est la lumière d’un autre monde. L’arc en ciel et la nature exotique et luxuriante accentuent cette impression d’être dans un ailleurs qui n’est pas celui du commun des mortels. La forme des ailes du Dieu est majestueuse et semble être empruntée aux premières représentations des Peri.

Cette peinture illustre le talent de Leutze pour un réalisme combiné à l’univers fantastique des contes orientaux. Il emprunte à l’orient le costume de Peri, directement inspiré de celui des harems, arborant un lotus sur sa couronne, tandis que le jardin du Paradis avec ses constellations d’étoiles et les draperies du Dieu, font d’avantage référence à l’Antiquité greco-romaine. 

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