Henri Martin
 | « Barques échouées dans le Port de Collioure »Huile sur panneau / Signée en bas à gauche 53,3 x 85 cm Prix : Vendu |

Biographie de Henri Martin
Né le 5 Août 1860 à Toulouse, Henri Martin connaît une enfance épanouie au sein d’une famille nombreuse et harmonieuse. Dès son plus jeune âge, il s’intéresse à la peinture et c’est une grande joie pour lui d’aller régulièrement admirer les tableaux du musée de l’ancien couvent des Augustins en compagnie de son père ébéniste.
À l’âge de 17 ans, il entre à l’école des beaux-arts de Toulouse dans l’atelier de Jules Garipuy. Ce maître, passionné de couleur, le laisse libre d’exprimer sa nature profonde, comme le fera plus tard Jean-Paul Laurens avec qui il étudiera à Paris.
En 1878 il reçoit un prix pour «Calchas implorant Apollon ». L’année suivante il obtient le 1er prix au concours de fin d’année avec ses « Adieux à Mithridate » et, pour son « Sacrifice d’Iphigénie », il reçoit le grand prix de la ville de Toulouse, une bourse qui lui permet de partir pour Paris où il entre dans l’atelier de Jean-Paul Laurens en 1879.
En 1885 il voyage en Italie et y étudie les primitifs en compagnie d’Edmond Aman-Jean et d’Ernest Laurent. Ce voyage marque un tournant dans son art et oriente l’artiste vers une inspiration poétique. Sa technique s’éloigne des modèles académiques et révèle l’influence des néo-impressionnistes mais d’une manière plus spontanée que théorisée. Des touches courtes, séparées et parallèles construisent les formes et la lumière, dans un chromatisme idéalisé et propice au rêve.
De 1880 à 1939 il expose régulièrement au Salon des Artistes français. En 1883 il reçoit une première médaille pour son tableau « Françoise de Rimini », et en 1889 une médaille d’or et des critiques élogieuses pour « La Fête de la Fédération », œuvre célébrant le centenaire de la Révolution. Enfin il obtient un grand prix à l’Exposition Universelle de 1900 et une médaille d’honneur au Salon de 1907.
Il y aura quelques interruptions de 1892 à 1895 pendant lesquelles il rejoint certains artistes symbolistes au Salon de la Rose-Croix de Joseph Péladan. (« Douleur », « Chacun sa chimère », « Le poète »).
Plus tard, tout en s’éloignant des thèmes symbolistes, il en gardera toujours la poésie mystérieuse et l’atmosphère secrète et diffuse des paysages.
C’est en 1900, avec l’achat d’une maison dans le Lot, à Labastide-du-Vert, qu’on situe son abandon définitif du symbolisme et des thèmes littéraires pour l’adoption d’une touche purement impressionniste et la prédominance du paysage dans son œuvre : « Après trois mois passés en tête à tête avec la nature, la pleine lumière éclatante et diffuse m’obligea (…) à la traduire par le pointillé et la décomposition du ton ».
Dorénavant, faisant de la nature son thème favori, l’artiste va consacrer son art à la représentation en plein air des beautés du Quercy. Sensible à une nature scandée par la lumière des heures et des saisons, Henri Martin cherche à partager son émotion avec le spectateur. Attentif à décrire la clarté mouvante et la substance des lieux d’une touche nuancée et vigoureuse, il nous livre une expression apaisée d’un paysage façonné par l’homme, planté et entretenu, d’un monde idéalisé : « Jardin au soleil ; Paysage de Saint-Cirq Lapopie ; Les Vendanges ; La Pergola au printemps ; Devant de porte ensoleillé ; Le bassin à Marquayrol ; Labastide-du-Vert ».
Dans notre tableau, « La tonnelle ouest du parc de Marquayrol au début de l’Automne », la tonnelle s’offre comme un havre de paix, un lieu entre-deux, qui appelle à l’évasion vers une nature lumineuse et sereine, à l’image des collines qui se dessinent au loin. L’architecture accentue la sensation d’élévation vers le ciel. La symétrie des piliers rectilignes contraste avec la profusion du feuillage coloré qu’ils soutiennent, renforcée par les parterres de fleurs des champs et les géraniums rouges qui les entourent dans une recherche chromatique qui s’exprime à travers un pointillisme élargi, une touche libre et virevoltante.
À la fois reconnu comme peintre décorateur d’espaces publics remarquable, et peintre de chevalet estimé de son vivant par une clientèle importante et éclairée, il a été un artiste apprécié tout au long de sa vie, couvert d’honneurs et de récompenses. Il reçoit la légion d’honneur en 1896 pour sa décoration de l’Hôtel de ville. En 1914 sera nommé Commandeur et devient membre de l’Institut en 1916.
De sa génération, il est celui qui a emporté le plus grand nombre de commandes pour des lieux publics au rôle essentiel. Il a exécuté de grandes fresques symboliques et spectaculaires pour l’Hôtel de Ville de Paris, les mairies des V, VI, et Xème arrondissements, la Sorbonne, le Palais de l’Elysée, le Conseil d’Etat ; le Capitole de Toulouse, l’Hôtel de Ville de Tours, la Préfecture et la ville de Cahors, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Béziers.