Fermer

Alfonse Cornet

Le banc de la dèche au jardin du Louvre.

au pied d’un bâtiment du louvre à la pierre de taille vieillissante, six individus sont affalés sur un banc. ils sont tous exténués et endormis sauf une femme. tête baissée, le regard dans le vague, elle semble être celle qui veille sur toute cette assemblée. assise au milieu du banc, elle se détache dans sa robe rose pâle qui tranche avec les vêtements de ses compagnons d'infortune. toutes les générations sont représentées : le vieillard, l'enfant, le père. serrés les uns contre les autres, ils se soutiennent dans leur sommeil comme dans leur misère. a gauche du banc, un homme tourne le dos à ses voisins. dans son frac déchiré mais coiffé de son haut-de-forme, il semble tout droit sorti des italiens ou d’un souper aviné et joueur. a la pâle lueur du petit matin, on aperçoit jonchant le sol un homme endormi.  le banc pourrait s’apparenter à un radeau sur lequel des âmes égarées ont trouvé un bref repos dans leur dèche. issus du provençale, ce terme signifiait « déchoir, tomber » puis a évolué pour signifier le dénuement. ainsi chaque personnage incarnerait un dénuement particulier, poison des temps modernes. le mondain s’étant perdu dans l’alcool, la famille n’ayant pas de place où loger ou encore la petite cocotte, cherchant à se souvenir de sa nuit. une femme, figure de douceur et de maternité, tranche dans ce monde masculin. habituellement rassurante, elle est ici fanée, hagarde dans sa robe pâle, sans force face à la déchéance du monde qui l’entoure. au deuxième plan, on distingue derrière les barreaux quelque sculpture antique d’une salle du louvre.le peintre nous livre dans ce tableau présenté au salon de 1885 un message sur la condition humaine, prisonnière des bouleversements de son époque.

110 x 149 cm

Pour une demande d'informations, remplissez le formulaire suivant.

* Champs obligatoires

[Fermer]

Alfonse Cornet
1839-1898

Le banc de la dèche au jardin du Louvre.
Huile sur toile, signée et datée 1885 en bas à gauche
110 x 149 cm
Avec cadre 139 x 176 cm
Demande d'informations >
Biographie de l'artiste >
Description de l'oeuvre >

Description de l'oeuvre

Au pied d’un bâtiment du Louvre à la pierre de taille vieillissante, six individus sont affalés sur un banc. Ils sont tous exténués et endormis sauf une femme. Tête baissée, le regard dans le vague, elle semble être celle qui veille sur toute cette assemblée. Assise au milieu du banc, elle se détache dans sa robe rose pâle qui tranche avec les vêtements de ses compagnons d'infortune. Toutes les générations sont représentées : le vieillard, l'enfant, le père. Serrés les uns contre les autres, ils se soutiennent dans leur sommeil comme dans leur misère. A gauche du banc, un homme tourne le dos à ses voisins. Dans son frac déchiré mais coiffé de son haut-de-forme, il semble tout droit sorti des Italiens ou d’un souper aviné et joueur. A la pâle lueur du petit matin, on aperçoit jonchant le sol un homme endormi. 

 

Le banc pourrait s’apparenter à un radeau sur lequel des âmes égarées ont trouvé un bref repos dans leur dèche. Issus du provençale, ce terme signifiait « déchoir, tomber » puis a évolué pour signifier le dénuement. Ainsi chaque personnage incarnerait un dénuement particulier, poison des temps modernes. Le mondain s’étant perdu dans l’alcool, la famille n’ayant pas de place où loger ou encore la petite cocotte, cherchant à se souvenir de sa nuit. Une femme, figure de douceur et de maternité, tranche dans ce monde masculin. Habituellement rassurante, elle est ici fanée, hagarde dans sa robe pâle, sans force face à la déchéance du monde qui l’entoure. Au deuxième plan, on distingue derrière les barreaux quelque sculpture antique d’une salle du Louvre.

Le peintre nous livre dans ce tableau présenté au Salon de 1885 un message sur la condition humaine, prisonnière des bouleversements de son époque.

Biographie de Alfonse Cornet

Fils d’artisan né à Riom en Auvergne, Alphonse Cornet est très tôt attiré par les arts. Il se rend à Paris pour commencer à travailler en tant que peintre décorateur et intègre dans un premier temps l’école de dessin de la ville de Paris, puis s’inscrit à l’Académie Suisse. Créée en 1781 par Martin François Suisse, cette école permet aux artistes de louer un modèle et de s’exercer pour un coût modique. Elle accueille alors les futurs grands noms de la peinture française de la deuxième partie du 19e, tels Paul Cézanne (1839-1906), Edouard Manet (1832-1883), Claude Monet (1840-1926) ou encore Camille Pissarro (1830-1903). 

Employé comme collaborateur auprès de deux peintres-décorateurs, Alexandre Denuelle (1818-1879) et Charles Lameire (1832-1910), Cornet pratique principalement la peinture murale pour laquelle il se réfère aux thèmes allégoriques. Il réalise également des peintures de chevalet qu’il présente au Salon dès 1864. 

Artiste polyvalent, Alphonse Cornet s’exerce à la peinture d’histoire, à la nature morte et au portrait. Cependant, en fin observateur de son temps, il se rattache au mouvement naturaliste. Ce courant littéraire et pictural se revendique au plus près du réel, sans fard, dans la lignée de Jean-François Millet et de Jules Breton pour la peinture, d’Émile Zola ou des frères Goncourt pour la littérature. Les artistes naturalistes ont la volonté de retranscrire la société de cette fin de siècle en pleine mutation dans sa beauté comme dans sa cruauté. La technique illusionniste des peintres brouille les frontières entre le réel et la fiction, dans l’unique objectif d’épouser la réalité de l’instant.

Peintre aguerri à la production d'oeuvres murales, c'est dans des dimensions frappantes que l'artiste a décidé de représenter son environnement social et culturel avec Le défilé des gueux toile de 1,37 m x 5,90 m présentée au Salon de 1886. Cette oeuvre s'inscrit dans la tendance "misérabiliste" du mouvement naturaliste de la fin du 19e siècle. A cette époque, l’Europe connaît une évolution sans précédent, tant technologique que démographique. Les campagnes se vident au profit des villes où s'entasse une population ouvrière. La vie de la capitale bat son plein, attirant également des intellectuels et des dandys en quête de reconnaissance. Un microcosme de la société qui est représenté ici dans l'oeuvre de Cornet.

Oeuvres similaires

Newsletter

Si vous souhaitez recevoir notre newsletter, veuillez saisir votre adresse email ci-dessous.

Ok
Galerie Ary Jan - 32 avenue Marceau, 75008 Paris, France - Tel: +33 (0)1 42 61 42 10 - Mobile: +33 (0)6 07 88 75 84 - contact@galeriearyjan.com - Plan du site - Mentions légales