Laurens Jules

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Biographie de Laurens Jules ( 1825-1901 )

Né au sein d’une modeste famille de cinq enfants, Jules Laurens voit le jour à Carpentras dans le Vaucluse. Il grandit dans une atmosphère artistique : son frère de 25 ans son aîné est un peintre reconnu, et un musicien talentueux et son père est passionné de musique. C’est donc tout naturellement auprès de Bonaventure, le frère aîné, que le jeune Jules fait ses premiers apprentissages artistiques. Puis il suit les Beaux-Arts de Montpellier avant de rejoindre Paris à l’âge de 16 ans pour entrer dans l’atelier d’Eugène Isabey et de Paul Delaroche.

Il est admis au Salon dès 1845 où il reçoit ses premières critiques favorables. Il est alors remarqué et sollicité pour participer à une mission en Orient et en Perse pour le compte du Ministère de l’Instruction Publique, menée par l’explorateur, ingénieur et géographe Xavier Hommaire de Hell. 

Ce véritable périple de plus de trois ans sera décisif dans la carrière du peintre.

Le voyage débute en juillet 1846 par un séjour de plusieurs mois à Constantinople. Le jeune peintre de 21 ans y mène une vie mondaine mais sérieuse sur le plan artistique que des excursions à Péra ou Thérapia viennent enrichir. En août 1847, Hommaire de Hell et Laurens entrent à Trébizonde après un périple le long des rives de la Mer Noire. L’expédition doit rejoindre Téhéran par la route de Erzeroum, Vann et Tabriz. Passant près de quatorze heures par jour en selle, campant inconfortablement dans des tentes et des caravansérails, luttant contre le choléra, la fièvre, les températures glaciales et les tempêtes de neige, Laurens enregistre néanmoins consciencieusement ses impressions dans ses carnets de croquis lors de chaque étape. Le peintre emploie de préférence un papier déjà coloré en jaune, bleu ou rose. Ce fond permet de donner de la chaleur à la tonalité de l’œuvre, que viennent rehausser quelques traits au crayon blanc pour aviver la lumière. 

Arrivés à Tabriz (l’ancienne Tauris) le 9 novembre 1847, les voyageurs sont accueillis dans la luxueuse demeure d’une famille des banquiers, les Railly. L’artiste goûte pleinement aux richesses de la Perse, l’architecture arabe demeurant la source principale de ses motifs qu’il considère comme une floraison, un produit du sol même qui la porte. Découvrant ses carnets de croquis, les dignitaires locaux tels le Prince Malek-Hassen-Mirza oncle du Schah ou l’évêque de Tabriz lui commandent leurs portraits. Les deux hommes se remettent en chemin pour Téhéran qu’ils atteignent en février 1848. Ils y résideront durant trois mois chez le comte de Sartiges, Ministre de France auprès du Schah. L’expédition se poursuit ensuite vers la mer Caspienne, puis à pieds vers Hispahan plus au sud avant de s’achever par la traversée de l’Égypte, la Palestine et la Syrie. 

Épuisé par la maladie et la fièvre qui ne le quitte plus, Hommaire de Hell meurt à Djoufa à la fin de l’été 1848. La disparition du chef d’expédition signe la fin de l’aventure pour Laurens dont la mission consiste dorénavant à rapporter en France, outre ses nombreux croquis, le matériel et les précieuses notes du géographe disparu. 

Le retour de Jules Laurens fait forte impression à Paris. Celui que l'on croyait enterré au côté de son infortuné compagnon Xavier Hommaire de Hell dans le cimetière de Djoufa, arrive riche de souvenirs, de plus d'un millier de dessins au crayon noir ou à la mine de plomb et de quelques aquarelles. Nombre de ses dessins seront publiés sous forme de lithographie dans des magazines ou des publications populaires. Elles serviront également à illustrer « Voyage en Turquie et en Perse exécuté par ordre du gouvernement français pendant les années 1846, 1847 et 1848 », ouvrage basé sur le journal de Hommaire de Hell et publié par sa veuve. Certaines de ses gravures servent aussi de support artistique dans l'Illustration à des articles sur le sujet en 1853, 1860, 1864 où figure notamment son tableau Téhéran, vue générale prise sur la route de Casbinn (Perse).

Artiste reconnu, Laurens expose régulièrement aux Salons dès son retour en 1850. Il est nommé chevalier de la Légion d’Honneur en 1868 et rythme sa vie entre sa ville natale de Carpentras et des séjours à Londres, Rome et Paris. En 1892, Laurens fait un don important de dessins exécutés lors de sa mission en Perse à la bibliothèque nationale des Beaux-Arts. La production artistique de Jules Laurens ne se limite pas aux terres orientales, mais c’est bien à elles qu’il doit sa renommée. 

Et pour rendre hommage à cette terre, qu’il ne voudra cependant plus jamais revoir, Laurens inscrit dans son carnet à son départ de Téhéran "C'est le plus beau panorama du monde ; quiconque aime les grandes scènes de la nature et les grands souvenirs de l'histoire ne doit pas mourir sans l'avoir vu". 

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