Sculpteur français associé à la tradition académique de la sculpture monumentale du XXe siècle, Charles Barberis entretient un lien particulièrement fort avec Madagascar et l’esthétique coloniale française de l’entre-deux-guerres.
Entré à l’École des beaux-arts de Paris à l’âge de dix-sept ans, il suit l’enseignement des sculpteurs Jean-Antoine Injalbert et Fernand Pélez dit Peter. Il y acquiert une solide formation héritée du classicisme néo-grec et remporte plusieurs distinctions, notamment les prix Lamaire et Chenevard. Dès 1913, il expose régulièrement au Salon des Artistes Français, au Salon d’Automne ainsi qu’aux manifestations de la Société coloniale.
Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, Charles Barberis est décoré de la Croix de Guerre. Il est notamment témoin de l’effondrement de la Russie tsariste, expérience qui marque durablement sa sensibilité artistique et humaine.
En 1922, il obtient une bourse de voyage accordée par le gouvernement général de Madagascar aux artistes français. Il séjourne alors plusieurs années sur la « Grande Île », entre 1922 et 1926, période décisive de sa carrière. Fasciné par Madagascar, ses habitants et ses paysages, il réalise plusieurs œuvres majeures inspirées du monde malgache, parmi lesquellesLa Porteuse d’eau, le célèbre buste deRamatou, ainsi que le monument aux morts de Tananarive. Cette production révèle un intérêt pour la représentation ethnographique et exotique caractéristique d’une partie de la sculpture coloniale française des années 1920 et 1930.
De retour en France en 1927, Barberis participe aux travaux décoratifs de l’Exposition coloniale internationale de 1931. L’architecte Albert Laprade lui confie l’exécution du monumental bas-relief ornant la façade du Musée des Colonies, actuel Palais de la Porte Dorée à Paris, l’une des commandes publiques les plus importantes de sa carrière.
En 1935, il parachève le monument aux morts du lac Anosy à Antananarivo en le couronnant d’une imposanteVictoire ailée, dont la puissance plastique évoque parfois l’influence d’Antoine Bourdelle. Il réalise également plusieurs monuments et sculptures décoratives remarqués :Vol à voilepour le Palais de l’Aviation, la statue du général Leclerc à Meudon-Bellevue, le monument à l’explorateur Alfred Grandidier dans le parc zoologique de Tsimbazaza à Antananarivo, ainsi que le monument aux morts de Saint-Germain-en-Laye.
Artiste reconnu de son vivant, Charles Barberis devient membre du jury et du comité du Salon des Artistes Français, où il obtient la Grande Médaille d’honneur. Il siège également au comité du Salon de la France d’Outre-mer et au syndicat des sculpteurs statuaires. Lauréat de la médaille d’or de l’Exposition internationale de 1937, il est aussi correspondant de l’Académie malgache à partir de 1925 puis élu membre titulaire de la 5e section de l’Académie des sciences d’outre-mer le 4 juillet 1958.
L’œuvre de Charles Barberis demeure aujourd’hui relativement rare sur le marché de l’art. Plusieurs sculptures importantes sont néanmoins connues, parmi lesquelles Combat (1929), Enfant à la casquette (1932) ou encore Jeune femme à la gazelle (1936), témoignant de son goût pour une figuration élégante et synthétique héritée de l’Art déco.