Réalisée en 1946, cette marine d’Amédée Marcel Clément témoigne de la remarquable liberté de sa facture et de son approche synthétique de la lumière. Sous un ciel tumultueux, dont les nuées sont traduites par de larges touches fragmentées, quelques voiliers aux silhouettes sombres se détachent sur une mer parcourue de reflets argentés. La lumière, filtrée par les trouées du ciel, se diffuse à la surface de l’eau en une succession de touches nerveuses et d’aplats colorés qui confèrent à la composition toute sa vibration.
La palette, particulièrement caractéristique de l’artiste, associe des verts sourds, des gris bleutés et des ocres dorés, ponctués de délicates notes turquoise. Par cette économie de moyens et cette simplification des formes, Marcel Clément dépasse la simple transcription atmosphérique pour proposer une interprétation profondément personnelle du paysage maritime.
Cette recherche confirme que la simplification des formes et le traitement des reflets sont des caractéristiques récurrentes de ses marines.