Jean Béraud 

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Biographie de Jean Béraud  ( 1849-1935 )

Peintre et illustrateur français, Jean Béraud demeure l’un des chroniqueurs les plus attentifs et élégants de la vie parisienne sous la Troisième République. Son œuvre constitue un témoignage précieux de la modernité urbaine à la fin du XIXᵉ siècle, au croisement du naturalisme, de la mondanité et de l’observation sociale.

« Quand elle voit Jean Beraud ne pas même pouvoir pénétrer dans le hall [...]. elle fait lever les personnes qui encombrent l'entrée, et au jeune et glorieux maître, à l'artiste que le nouveau monde comme l'ancien acclament, à l'être charmant que tous les mondes recherchent sans pouvoir l'obtenir, elle fait une entrée sensationnelle. Mais comme Jean Béraud est aussi le plus spirituel des hommes, chacun l'arrête au passage pour causer un instant avec lui ». Ce vibrant hommage de Marcel Proust, décrivant l’arrivée de Jean Béraud dans le salon de Madeleine Lemaire, témoigne de la notoriété acquise par le peintre dans les milieux artistiques et littéraires de la Troisième République.

Né en 1849 à Saint-Pétersbourg, où son père, sculpteur français, séjourne alors, Béraud n’a que quatre ans lorsque sa famille s’installe à Paris à la suite du décès prématuré de ce dernier. Élève au lycée Bonaparte, il se destine d’abord à des études de droit, avant d’abandonner cette voie après la guerre de 1870 pour se consacrer pleinement à la peinture. Il entre à l’École des Beaux-Arts dans l’atelier de Léon Bonnat, où il acquiert une solide formation académique, un dessin rigoureux et un sens aigu de la composition.

Très tôt, il délaisse les grands sujets historiques pour porter son regard sur la vie contemporaine. Le Paris haussmannien, en pleine transformation, devient son théâtre privilégié : boulevards animés, cafés, théâtres, églises et jardins publics composent un répertoire dans lequel il saisit avec finesse l’élégance des silhouettes, le mouvement des omnibus, l’animation des trottoirs et la diversité sociale de la capitale.
Ses scènes d’avenues sous la pluie, ses sorties de théâtre ou ses vues des Grands Boulevards traduisent l’atmosphère vibrante du Paris moderne. Béraud excelle notamment dans le rendu des reflets sur le pavé mouillé, des éclairages artificiels et des variations lumineuses selon les saisons et les heures du jour, jouant avec subtilité des effets de perspective.

Remarqué dès 1873 au Salon des Artistes Français, où il expose régulièrement à partir des années 1870, il y rencontre un succès durable. Il obtient des distinctions en 1882 et 1883, puis une médaille d’or à l’Exposition universelle de 1889. S’il partage avec les impressionnistes un intérêt pour la vie moderne, il conserve une facture précise et un dessin affirmé, hérités de la tradition académique : son style allie rigueur descriptive et sens de la mise en scène.

Observateur pénétrant des mœurs de son temps, il dépeint aussi bien la bourgeoisie élégante que les milieux plus modestes, offrant une vision nuancée, parfois teintée d’ironie, des codes sociaux et des contrastes de la vie urbaine. Dans les années 1880–1890, il réalise également des compositions religieuses singulières, transposant des scènes bibliques dans le Paris contemporain — une démarche qui met en tension tradition et modernité.

Figure très présente dans les milieux mondains et artistiques, Béraud fréquente les salons recherchés de Madeleine Lemaire et de la comtesse Potocka. Ami de Proust, il accepte d’être son témoin lors du duel qui l’oppose à Jean Lorrain en 1897. Proche d’Armand Silvestre, grand défenseur de Manet, et en contact avec des cercles plus avant-gardistes, il emprunte à l’impressionnisme certains effets de lumière tout en affirmant une voie personnelle.

Membre de l’Institut et figure reconnue de la scène artistique officielle, Jean Béraud incarne un réalisme urbain distinct de l’avant-garde impressionniste mais tout aussi essentiel pour comprendre l’imaginaire visuel de la Belle Époque. Son œuvre demeure aujourd’hui un témoignage vivant du Paris fin-de-siècle, saisi dans son élégance, son agitation et sa théâtralité quotidienne.

 

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