Oskar Bergman 

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Biographie de Oskar Bergman  ( 1879-1963 )

Né à Stockholm le 18 octobre 1879 et mort à Saltsjöbaden le 20 juillet 1963, Oskar Bergman est un paysagiste farouchement indépendant dans la peinture suédoise du XXe siècle, virtuose de l’aquarelle et de la gouache, qui choisit la fidélité à la nature – et à une certaine idée de la lenteur – au moment même où les avant-gardes redessinaient la grammaire de la modernité. 

Très tôt, Bergman se forme hors des voies académiques. À seize ans, il fréquente une école technique et reçoit un enseignement, mais refuse l’itinéraire “obligé” de l’Académie ; il préfère investir ses économies dans des voyages d’étude au contact direct des musées et des collections européennes. En Allemagne, il découvre notamment Caspar David Friedrich, dont la manière de faire “respirer” le paysage – sans emphase, mais avec une intensité intérieure – le marque durablement. 

De retour en Suède, un jalon décisif se noue avec le banquier et grand collectionneur Ernest Thiel, qui l’encourage et l’introduit à Saltsjöbaden, lieu de villégiature et d’échanges artistiques. C’est également par ce réseau que Bergman rencontre, en 1904, le peintre symboliste français Armand Point. Impressionné par ses dessins, Point l’invite à venir travailler à Florence ; Thiel finance le séjour, ponctué d’étapes à Berlin, Munich, Vérone et Rome, et Point lui offre un enseignement “à mains nues”, fondé sur l’exigence du dessin et la construction des formes. 

Cet épisode florentin n’oriente pas Bergman vers l’allégorie spectaculaire ; il l’arme plutôt d’une discipline visuelle qui donnera à ses feuilles une précision quasi miniaturiste. L’encyclopédie suédoise souligne cette veine de “petites” compositions réalistes, détaillées, aux couleurs claires et tenues, où les figures humaines et animales sont rares, comme si le monde pouvait se raconter sans récit, par la seule éloquence des arbres, des routes, des lisières et des eaux. 

Au tournant des années 1900–1910, alors que la scène suédoise se fracture (notamment avec l’arrivée de langages plus expressionnistes), Bergman poursuit sa voie : un art de la saison et de la météorologie de l’âme, attentif aux seuils – neige qui fond, lumière de février, crépuscules nordiques – où le réel bascule imperceptiblement vers l’étrange. Un texte de catalogue récent insiste sur ce point : ses aquarelles, d’un réalisme manifeste, gardent pourtant une part de naïveté et d’intemporalité, comme si elles se tenaient volontairement à distance des manifestes et des écoles. 

Cette constance n’a rien d’un retrait. Bergman expose, circule, et sa reconnaissance institutionnelle s’affirme : en 1917, le Nationalmuseum de Stockholm acquiert une aquarelle (By the Sea), signe d’une légitimation précoce. En France, le musée d’Orsay conserve Flaques dans la neige (1904), œuvre charnière par sa capacité à faire du motif le plus humble un véritable événement de peinture. 

Installé durablement à Saltsjöbaden, proche de la ferme de Neglinge, Bergman demeure fidèle à son sujet majeur : le paysage suédois, envisagé comme un théâtre silencieux où la technique de l’aquarelle – ses transparences, ses réserves, ses respirations – devient une éthique du regard. Couronné en 1957 par la médaille Egron Lundgren, remise par le roi Gustaf VI Adolf, il meurt reconnu comme l’un des grands paysagistes nationaux, précisément parce qu’il aura su faire tenir, dans l’espace modeste d’une feuille, une expérience entière du monde : claire, rigoureuse, et secrètement habitée.

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