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Maurice Bompard naît à Rodez le 11 février 1857 et s’éteint à Paris le 30 avril 1935. Peintre reconnu de son vivant, il s’inscrit pleinement dans la génération des artistes orientalistes de la fin du XIXᵉ siècle, tout en développant une œuvre personnelle marquée par une grande sensibilité à la lumière, aux atmosphères et aux scènes de genre. Son parcours illustre à la fois la solidité d’une formation académique et l’attrait durable pour les territoires méditerranéens et nord-africains, alors au cœur de l’imaginaire artistique français.
Installé très jeune à Marseille, Maurice Bompard reçoit une première formation auprès de Dominique Antoine Magaud, avant de rejoindre Paris où il entre dans les ateliers de Gustave Boulanger et de Jules Lefebvre, figures majeures de l’enseignement académique. Cet apprentissage rigoureux lui confère une parfaite maîtrise du dessin, de la composition et du rendu des matières, fondements essentiels d’une œuvre qui demeurera toujours attentive à la construction et à la lisibilité de la scène.
Dès 1878, Bompard expose régulièrement au Salon des artistes français, où il obtient rapidement une reconnaissance institutionnelle. Il participe aux grandes manifestations artistiques de son temps, notamment à l’Exposition universelle de 1900 et à l’Exposition coloniale de Marseille en 1906. Ces participations attestent de sa place affirmée dans le paysage artistique officiel de la Troisième République, à une époque où l’orientalisme occupe une position centrale dans la peinture française.
Le voyage joue un rôle déterminant dans l’élaboration de son œuvre. En 1882, une bourse lui permet de parcourir l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne et la Tunisie. Mais c’est surtout l’Algérie, et plus précisément la région de Biskra, qui marque profondément sa production. Entre 1890 et 1900, il y séjourne à plusieurs reprises, observant avec attention la vie quotidienne, les gestes des artisans, les marchés et les scènes de rue. De ces expériences naissent des œuvres où l’exotisme ne se limite pas à un décor, mais devient le cadre d’une véritable étude de la lumière et des figures, comme en témoigne Les Bouchers de Chetma, présenté au Salon de 1890.
Parallèlement à ces scènes prises sur le vif, Maurice Bompard développe une veine plus imaginaire, en particulier dans ses représentations d’intérieurs orientaux et de figures féminines. Ces compositions, nourries par les codes de l’orientalisme de la fin du siècle, traduisent un goût pour les ambiances feutrées, les étoffes riches et les jeux d’ombre et de lumière. Loin d’opposer ces deux aspects de son œuvre, Bompard les articule avec cohérence : l’observation directe nourrit la crédibilité de la scène, tandis que l’imaginaire permet une liberté picturale accrue.
En 1893, il figure parmi les membres fondateurs de la Société des peintres orientalistes français, institution destinée à promouvoir et structurer ce courant artistique. Cet engagement confirme son rôle actif dans la reconnaissance de l’orientalisme comme genre majeur de la peinture française. Son œuvre ne se limite toutefois pas à l’Afrique du Nord : Venise, avec ses reflets, son architecture et son atmosphère singulière, occupe également une place importante dans sa production, prolongeant son intérêt pour les jeux de lumière et les scènes animées.