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Né à Bayonne en 1833, installé avec sa famille à Madrid entre 1846 et 1853, Léon Bonnat a la révélation de sa vocation en parcourant avec son père les galeries du musée du Prado et reçoit, dans la capitale espagnole, sa première formation à I' Académie royale des beaux-arts de San Fernando. JI est Paris, entre 1854 et 1857, I' élève de I'atelier de Léon Cogniet et de I' École des beaux-arts, puis séjourne à Rome entre 1858 et 1861, sans être pensionnaire de I' Académie de France puisqu'il n'a reçu, en 1857, à sa quatrième tentative au concours du Prix de Rome, qu'un Second grand prix. Même s'il a déjà exposé trois portraits au Salon parisien de 1857 et envoyé de Rome aux Salons de 1859 et 1861 ses premières grandes compositions religieuses, sa carrière de grand peintre parisien ne commence véritablement qu'à son retour d’Italie et après son installation à Paris, en mars 1861.
Comme tout jeune peintre ambitieux, Bonnat souhaite réussir dans le grand genre, particulièrement dans la peinture religieuse, celle reprenant les thèmes bibliques traités dans des grands formats et destinés aux églises. Les premières œuvres importantes qu'il expose au Salon ont pour sujet Le Bon Samaritain (1859), Adam et Ève trouvant Abel (1861), puis le Martyre de saint André (1863). La réussite est au rendez-vous : ces trois œuvres sont achetées par I' État et lui valent ses premières récompenses officielles. Parallèlement, ses compositions italiennes, dans un genre très à la mode à cette époque, et qu'il réalise « du point de vue de la vente », remportent un très grand succès concrétisé par l'achat de Mariuccia par la princesse Mathilde en 1861, des Pèlerins aux pieds de la statue de Saint Pierre dans l'église Saint-Pierre de Rome par l'impératrice Eugénie en 1864, et par l'achat et la commande d'œuvres par Goupil ou Paul Durand-Ruel.
Il reçoit de l'État, en 1866, les premières commandes de grandes compositions décoratives pour le Palais de Justice de Paris. Mais la Médaille d'honneur du Salon, reconnaissance suprême pour un jeune artiste, se refusera à lui en 1863 et en 1866 - et ce sera à chaque fois une immense déception - avant de lui être enfin décernée en 1869.
Avant d'être le grand portraitiste de la Ille République, à partir de 1875, que tout le monde connait par ses représentations iconiques des personnalités de son temps, Bonnat est d'abord reconnu pour son talent de peintre du grand genre, dans la peinture religieuse, puis dans les grandes compositions décoratives d'édifices publics.
Bonnat a pu réaliser, entre 1858 et 1861, le rêve de tout jeune peintre d'aller en ltalie, de découvrir les grands maitres de la Renaissance à Rome, à Naples et à Florence, d'apprendre son métier à leur contact, en les étudiant et en les copiant. Le second rêve de tout artiste, le « voyage d'Orient » et Bonnat y songe également, se réalisera plus tard, alors qu'il est déjà un artiste reconnu, lorsque son ami Jean-Léon Gérôme lui proposera de faire partie de !'expédition qu'il monte pour son troisième voyage dans cette région, au premier semestre 1868, et qu'iI acceptera I'invitation. Le groupe de jeunes peintres, sous la conduite de Gérôme, entame son périple au Caire, visite le Fayoum, traverse le Sinaï pour arriver à Aqaba, passe à Petra, traverse l'Araba, le Neguev, la Judée pour atteindre Jérusalem, puis Beyrouth avant d'embarquer pour le voyage de retour. Bonnat rapportera de son voyage de quatre mois de nombreuses études de paysage, de sites remarquables (Jérusalem, le monastère de Mar Saba, la Mosquée Al-Azhar au Caire) et quelques scènes de genre.
De petit format, rapidement brossées, ces études ne sont pas destinées à la vente, mais sont appelées à fixer certains souvenirs de voyage pour de futures compositions orientalistes réalisées plus tard, en atelier.
En effet le voyage en Orient de 1868 se prolongera, entre 1868 et 1876, par un important travail, en atelier, de production de scènes de genre orientalistes, dans des tableaux de grand format, destinés au Salon, et dont le sujet répond à un choix personnel du peintre ou, pour les derniers, semble-t-il, à celui des commanditaires. Bonnat prend ainsi place, dans cette courte période, dans « la longue caravane d'artistes qui compose l'orientalisme ». Sa place de portraitiste de tout premier plan et la forte demande, française et étrangère, qui en résulte, après 1875, après la présentation au Salon de 1875 du Portrait de Mme Pasca, suivi au Salon de 1877 du Portrait d'Adolphe Thiers, puis à celui de 1879 du Portrait de Victor Hugo, mais aussi ses très nombreuses obligations de personnalité éminente du monde de l'art et des institutions qu'il devient alors l'obligeront à faire des choix. II abandonnera la peinture orientaliste pour se consacrer au portrait et, dans une moindre mesure, aux grandes compositions décoratives, tout en gardant une place pour la peinture à succès des jeunes italiennes.
Notice écrite par Guy Saigne que nous remercions ici chaleureusement