Reconnaître un tableau de Félix Ziem demande bien davantage que la simple observation d’une signature. Peintre extrêmement prolifique, voyageur infatigable et expérimentateur passionné, Félix Ziem (1821-1911) a employé au cours de sa longue carrière des supports et des techniques variés. Son style a également évolué, depuis des compositions assez construites jusqu’à une peinture plus libre, lumineuse et vibrante.
L’étude d’une œuvre attribuée à Ziem repose donc sur un ensemble d’indices concordants : signature, support, matière picturale, palette, composition, sujet, dimensions, provenance et historique de l’œuvre. Aucun de ces éléments, pris isolément, ne permet de conclure définitivement à l’authenticité d’un tableau.
La Galerie Ary Jan est spécialisée dans l’œuvre de Félix Ziem. Mathias Ary Jan a notamment créé avec David Pluskwa l’Association Félix Ziem en 2009 et participe au travail de connaissance et d’authentification de l’œuvre du peintre.
Né à Beaune en 1821, Félix Ziem reçoit d’abord une formation d’architecte. Très jeune, il quitte cependant cette voie pour se consacrer au dessin et à la peinture. Sa carrière sera ensuite profondément marquée par les voyages.
Marseille, Martigues, Nice, Barbizon, Venise, Constantinople, Beyrouth, Le Caire ou Alger nourrissent son imaginaire. Pourtant, parmi toutes les villes découvertes par le peintre, Venise occupe une place absolument centrale dans son œuvre. Ziem la découvre au cours des années 1840 et y retourne régulièrement pendant plusieurs décennies.
La lagune, le Grand Canal, le quai des Esclavons, le palais des Doges, Santa Maria della Salute ou encore les gondoles deviennent quelques-uns de ses motifs favoris. Pour approfondir cet aspect de son œuvre, découvrez également notre article consacré à Félix Ziem, peintre de Venise.
La signature constitue naturellement l’un des premiers éléments examinés lorsqu’un tableau est présenté comme une œuvre de Félix Ziem.
On rencontre notamment des tableaux portant la signature « Ziem », généralement placée dans la partie inférieure de la composition. De nombreuses œuvres répertoriées et authentifiées portent cette signature en bas à droite. Il existe cependant également des œuvres authentiques signées en bas à gauche.
Certaines œuvres peuvent aussi être datées. La position de la signature, sa graphie ou sa présence ne constituent donc jamais, à elles seules, une preuve suffisante d’authenticité.
C’est un point essentiel. Une signature peut avoir été ajoutée postérieurement à l’exécution du tableau, copiée ou imitée. À l’inverse, une œuvre authentique peut présenter une signature peu visible, altérée ou difficile à interpréter.
L’expert confronte donc la signature avec le reste du tableau : matière picturale, vieillissement, support, composition, palette et manière de peindre. Il peut également s’intéresser à la façon dont la signature s’intègre à la couche picturale.
Ainsi, il serait imprudent d’affirmer qu’un tableau est de Félix Ziem uniquement parce qu’il porte la mention « Ziem ».
L’une des particularités de Félix Ziem est la diversité des supports sur lesquels il a travaillé.
On rencontre notamment chez l’artiste :
Félix Ziem manifeste notamment une prédilection pour les panneaux d’acajou. Ce support participe pleinement à certains effets picturaux recherchés par l’artiste.
Ziem peut exploiter la tonalité naturelle du bois et travailler par transparence. L’emploi de glacis et de réserves lui permet alors de laisser intervenir le support dans la construction de la couleur et de la profondeur.
De nombreux tableaux de Ziem aujourd’hui répertoriés sur le marché de l’art sont ainsi des huiles sur panneau. Mais, là encore, le support ne constitue pas un certificat d’authenticité : un panneau ancien en acajou peut évidemment avoir été utilisé par d’autres peintres.
La technique de Félix Ziem évolue au cours de sa très longue carrière. Cette évolution rend particulièrement délicate toute volonté de réduire son œuvre à quelques « recettes » stylistiques.
Ziem possède une pratique picturale très libre. Selon les œuvres et les périodes, il peut associer :
Certaines huiles sur papier présentent notamment une spontanéité remarquable. La peinture y est parfois utilisée d’une manière très fluide, avec une économie de reprises qui rappelle l’immédiateté de l’aquarelle.
La formation initiale d’architecte de Ziem reste perceptible dans son œuvre. Même lorsque sa peinture devient particulièrement libre, l’organisation de la composition demeure importante.
Au fil du temps, cette structure peut néanmoins devenir moins apparente : la lumière, la couleur et l’atmosphère prennent progressivement une place considérable.
C’est précisément cette combinaison entre construction et liberté picturale qui rend certaines œuvres de Ziem immédiatement séduisantes.

Pour comprendre Ziem, il faut regarder la lumière.
Une grande partie de sa vie est consacrée à sa recherche. La lumière de Venise, du Midi de la France ou de Constantinople transforme sa palette et devient véritablement un sujet pictural.
Dans ses œuvres les plus caractéristiques, on retrouve des bleus intenses, jaunes lumineux, ors, rouges, orangés et verts utilisés pour restituer les variations du ciel, de l’eau et des architectures.
Ziem fabrique également certaines de ses couleurs à partir de pigments naturels et porte une attention particulière aux bleus.
La confrontation du ciel et de l’eau est fondamentale dans nombre de ses compositions.
À Venise notamment, la lagune devient un immense miroir dans lequel viennent se fragmenter les architectures, les silhouettes des gondoles, les voiles et les couleurs du ciel.
Le peintre recherche moins une description strictement topographique qu’une impression de lumière et d’atmosphère. La touche peut ainsi devenir très libre dans les reflets alors que certains éléments architecturaux maintiennent la structure de la composition.
Le sujet d’un tableau constitue un autre indice important dans l’étude d’une œuvre attribuée à Félix Ziem.
L’artiste a énormément voyagé et son répertoire est vaste. Certains thèmes sont néanmoins particulièrement associés à son œuvre.
C’est certainement le territoire le plus emblématique de Ziem.
On retrouve régulièrement :
Venise est tellement importante dans sa production que Ziem est couramment considéré comme l’un des grands peintres de la Sérénissime au XIXe siècle.
Le voyage est indissociable de l’œuvre de Félix Ziem. Constantinople, mais aussi l’Égypte, le Liban et l’Afrique du Nord, nourrissent son imaginaire orientaliste.
Mosquées, minarets, embarcations, paysages lumineux et scènes inspirées de ses voyages apparaissent ainsi dans sa production.
Ces tableaux permettent de replacer Ziem dans le contexte plus vaste de la peinture orientaliste du XIXe siècle.
Le Midi de la France constitue un autre territoire essentiel dans la formation du peintre. Marseille et Martigues occupent notamment une place importante dans son parcours.
Ports, bateaux, étendues d’eau et lumière méridionale permettent déjà à Ziem d’explorer certaines préoccupations qui traverseront ensuite toute son œuvre.
Félix Ziem ne se limite ni à Venise ni à l’Orient. Il séjourne également à Barbizon et fréquente plusieurs grands paysagistes de son époque.
Arbres, étangs, rivières, campagnes ou effets atmosphériques appartiennent également à son répertoire. Un tableau représentant un paysage français ne doit donc pas être écarté simplement parce qu’il ne montre ni gondole ni minaret.
Oui, mais avec beaucoup de prudence.
Ziem a produit des œuvres de dimensions très diverses, depuis des études et petits panneaux jusqu’à des compositions beaucoup plus importantes.
Dans ses vues de Venise, certaines constructions reviennent régulièrement : une large place laissée au ciel ou à l’eau, quelques architectures permettant d’identifier le lieu, des embarcations animant le premier ou le second plan et une lumière donnant son unité à l’ensemble.
Cependant, Ziem a peint durant plusieurs décennies et son langage pictural a évolué. Il serait donc dangereux de déterminer l’authenticité d’une œuvre uniquement à partir d’un type de composition.
Lorsqu’un tableau attribué à Félix Ziem est étudié, il est indispensable d’observer non seulement la face peinte mais également le revers de l’œuvre.
Le dos peut conserver des informations précieuses :
Ces indices peuvent contribuer à reconstituer la provenance du tableau et doivent être conservés.
Il est donc déconseillé de retirer ou nettoyer soi-même les anciennes étiquettes présentes au revers d’une œuvre.
Lorsqu’il existe, l’historique d’une œuvre constitue un élément majeur de son étude.
Une ancienne facture, un catalogue de vente, une exposition, une photographie d’intérieur, une succession documentée ou la mention de l’œuvre dans une publication peuvent permettre de retracer son parcours.
Une œuvre déjà reproduite dans une bibliographie consacrée à Félix Ziem constitue naturellement un cas différent d’un tableau apparaissant pour la première fois sur le marché sans aucun historique.
Il convient néanmoins d’examiner chaque document avec la même rigueur que le tableau lui-même.
Les critères présentés dans cet article permettent de mieux observer et comprendre une œuvre attribuée à Félix Ziem. Ils ne permettent pas de délivrer une authentification.
Un propriétaire peut néanmoins procéder à quelques vérifications préliminaires utiles :
Ces éléments seront très utiles lors d’une demande d’expertise.
L’authentification demande de confronter l’œuvre à une connaissance approfondie du corpus de l’artiste.
L’examen porte notamment sur la cohérence du support, de la technique, de la touche, de la palette, de la composition et du sujet avec les œuvres connues de Ziem. La signature est étudiée dans ce contexte général et non isolément.
La provenance et les documents accompagnant le tableau peuvent également être confrontés aux archives et à la bibliographie.
Si vous possédez un tableau portant la signature de Félix Ziem ou une œuvre qui lui est attribuée, vous pouvez transmettre à la Galerie Ary Jan des photographies de l’œuvre, du revers et de la signature, ses dimensions ainsi que les informations dont vous disposez sur sa provenance.
Vous pouvez également consulter notre page consacrée à l’expertise et à l’estimation de tableaux à Paris.
Authentification et estimation sont deux questions distinctes. Une fois l’attribution étudiée, la valeur d’une œuvre de Félix Ziem dépend de nombreux critères : sujet, époque, qualité d’exécution, dimensions, technique, support, état de conservation, provenance et importance de l’œuvre dans le corpus de l’artiste.
Deux tableaux authentiques de Félix Ziem peuvent ainsi présenter des valeurs très différentes.
La Galerie Ary Jan accompagne les propriétaires souhaitant faire examiner une œuvre mais également ceux qui envisagent de la céder. Découvrez à ce sujet notre service d’estimation, achat et vente de tableaux orientalistes.
Reconnaître un tableau de Félix Ziem ne consiste donc pas à rechercher mécaniquement une signature ou quelques couleurs caractéristiques. L’œuvre du peintre est suffisamment vaste, variée et évolutive pour exiger une analyse globale.
Signature, panneau ou toile, matière picturale, palette, lumière, sujet, provenance et documentation doivent être étudiés ensemble.
Cette prudence est d’autant plus importante que Félix Ziem fut un artiste très apprécié de son vivant et particulièrement prolifique.
Pour mieux connaître son parcours, ses voyages, sa technique et découvrir les œuvres actuellement présentées par la galerie, consultez la page consacrée à Félix Ziem et à ses œuvres.
La Galerie Ary Jan peut étudier votre œuvre. Pour une première prise de contact, transmettez-nous des photographies nettes du recto, du verso et de la signature, accompagnées des dimensions et de toutes les informations dont vous disposez sur sa provenance.
Contacter la Galerie Ary Jan pour l’étude d’un tableau de Félix Ziem