Alix d'Anethan 

Alix d'Anethan 

Biographie de Alix d'Anethan  ( 1848-1921 )

Être ou devenir artiste n’était pas un parcours aisé pour une femme au 19e siècle. Jusqu’à la fin du siècle, elles n’étaient pas encore admises dans la grande majorité des académies des Beaux-Arts et leur formation passait donc par des professeurs ou des ateliers privés.

Ainsi en fut-il de la formation d’Alix d’Anethan, née à Bruxelles en 1848 au sein d’une famille noble du côté de son père et d’une famille d’artiste, les Artan de Saint Martin, du côté maternel. Après avoir fréquenté l’atelier d’Émile Wauters et pratiqué la copie au Musée des Beaux-Arts de Bruxelles, la baronne Alix d’Anethan se rend à Paris dans l’atelier d’Alfred Stevens spécialement ouvert aux femmes. Elle y côtoie ses compatriotes Louise Héger, Berthe Art et Georgette Meunier notamment.

Elle devient ensuite l’élève et la muse de Pierre Puvis de Chavanne dont l’influence se lit à travers ses œuvres. Les critiques de l’époque la réduiront d’ailleurs bien souvent à cette seule influence et à cette relation, insistant sans cesse sur la filiation artistique qui les unissait.

Le Cercle des femmes peintres, étroitement connecté avec l’atelier d’Alfred Stevens accueille le travail d’Alix d’Anethan à Bruxelles en 1888. Grâce au Cercle, quatre expositions seront exclusivement consacrées aux femmes-artistes au Musée Moderne entre 1888 et 1895. Il témoigne du souhait des femmes-artistes de se forger leur place dans le domaine de la peinture à dominance masculine et contrer l’image de dilettante qui leur est souvent conférée par la critique d’art. Le succès de la première exposition reste cependant restreint et d’Anethan refuse de se laisser enfermer au seul cercle. Elle ne participera pas aux éditions futures et préfère se confronter aux Salons officiels. Elle expose déjà à Paris de 1885 à 1895, à Bruxelles, à l’Exposition Universelle d’Anvers en 1885 puis à Munich en 1909.

Au Salon du Champ de Mars de 1895, la critique relève les qualités propres de la « digne élève d’un illustre maître », insistant sur une simplicité noble et poétique qui émane de son travail. Son tableau « L’été » y est acquis par l’état avant d’être déposé à l’Assemblée Nationale en 1900 et maintenant affecté au Musée d’Orsay. Alix d’Anethan observe dans ses tableaux une restriction des coloris, se limitant souvent à une ambiance colorimétrique forte. Elle sera qualifiée de « décoloriste », un terme qui illustre un effacement souvent attibué aux artistes femmes à la toute fin du XIXe siècle.

Dans son atelier parisien, elle reçoit de nombreux artistes, notamment autour des peintres Alfred Stevens, Edgar Degas et Alfred Besnard mais aussi autour d’écrivains et poètes comme son compatriote Georges Rodenbach dont elle fera le portrait. Son travail est présenté à la prestigieuse Galerie Durand-Ruel à partir de 1891. Sous l’influence de Puvis de Chavanne, Alix d’Anethan se forme à la peinture murale et réalise de grandes fresques d’histoire allégorique, religieuse ou mythologique dans des compositions le plus souvent épurées, au dessin synthétique. Elle utilise une gamme de couleur restreinte et assume une planéité de composition. Elle réalise notamment des fresques pour le chœur de la chapelle de l’hôpital Cochin à Paris ainsi que des toiles monumentales pour l’église de Boffres.

Une grande exposition posthume lui est consacrée à la Galerie Durand Ruel en juin 1921, avec l’aide de ses amis dont la Comtesse Etienne de Beaumont. Le catalogue de l’exposition est préfacé par son ami le peintre Albert Besnard.

32 avenue Marceau
75008 Paris, France
Du lundi au vendredi de 10h à 19h
Le samedi de 14h à 19h
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