Né en 1829 à Courtrai, en Belgique, Gustave Léonard de Jonghe est le fils du peintre paysagiste renommé Jan-Baptiste de Jonghe, auprès duquel il reçoit sa première formation et acquiert le goût du dessin minutieux. À la mort de son père en 1844, il obtient une pension de la Corporation de Courtrai afin de poursuivre ses études de peinture. Il rejoint alors Bruxelles et entre à l’Académie Royale des Beaux-Arts, où il suit notamment l’enseignement des peintres d’histoire François-Joseph Navez et Louis Gallait.
Dès 1848, il participe aux expositions du Salon de Bruxelles, où il se distingue par la sûreté de son trait et la finesse de son coloris. Ses premières œuvres relèvent d’une peinture de genre anecdotique parfois teintée de misérabilisme. Installé à Paris au milieu des années 1850, il y expose régulièrement au Salon pendant près de trente ans et se fait rapidement connaître par ses portraits de femmes élégantes et ses scènes familiales bourgeoises. Dans de luxueux intérieurs soigneusement décrits, l’artiste met en valeur son sens aigu de l’observation et sa maîtrise technique, donnant à voir un univers élégant et intimiste centré sur les figures féminines de la haute société. Cette orientation le rapproche notamment de son compatriote Alfred Stevens, dont il est parfois considéré comme le successeur à Paris.
Parallèlement, De Jonghe conserve le souvenir de son père paysagiste et effectue à partir de 1859 plusieurs séjours à l’auberge Ganne de Barbizon, où il peint sur le motif dans la forêt de Fontainebleau. S’il présente un paysage lors de sa première participation au Salon parisien en 1861, il se consacre ensuite principalement à la peinture de genre et au portrait.
Peintre très apprécié et recherché, Gustave de Jonghe remporte de nombreux succès dans les expositions internationales. Il reçoit notamment une médaille de première classe à Amsterdam en 1862, puis une médaille au Salon de Paris en 1863. Sa carrière est également reconnue par la Belgique, lorsque Léopold II le nomme chevalier de l’Ordre de Léopold en 1872.
En 1882, une hémorragie cérébrale le rend aveugle et met brutalement fin à sa carrière artistique, l’obligeant à quitter Paris pour retourner à Bruxelles. En signe de soutien, plusieurs de ses proches — parmi lesquels les peintres Alfred Stevens et Constantin Meunier, ainsi que les artistes français Léon Bonnat, Jules Breton et l’écrivain Joris-Karl Huysmans — organisent en 1886 une importante vente de bienfaisance au profit de l’artiste et de sa famille, témoignant une nouvelle fois de l’estime et de la notoriété dont il jouissait dans le monde artistique.