Eugène Delacroix

Eugène Delacroix

Biographie de Eugène Delacroix ( 1798-1863 )

Né à Charenton-Saint-Maurice, dans le Val-de-Marne, Eugène Delacroix grandit dans un milieu aisé. Fils d’ambassadeur, il reçoit une solide formation au lycée Impérial de Paris entre 1806 et 1815, où il développe très tôt des dispositions remarquées pour le dessin tout en acquérant une culture littéraire et musicale qui nourrira durablement son imagination. La mort de son père en 1805 entraîne l’installation de la famille à Paris, puis celle de sa mère en 1814 le laisse orphelin ; il est alors recueilli par sa sœur Henriette de Verninac. Encouragé par son oncle, le peintre Henri Riesener, il entre en 1815 dans l’atelier privé de Pierre-Narcisse Guérin et suit parallèlement les cours de l’École des Beaux-Arts. Guérin, peintre néoclassique et futur directeur de la Villa Médicis, lui transmet une approche à la fois classique et libérale de la peinture, attachant une grande importance au dessin, considéré comme supérieur à la couleur.

Dans cet atelier, Delacroix rencontre Théodore Géricault, dont l’influence se révèle décisive. Il est également marqué par l’œuvre d’Antoine-Jean Gros. L’élan nouveau donné à la peinture par ces artistes inspire profondément le jeune peintre : il retient notamment de Géricault un traitement dramatique de la lumière, de forts contrastes et une attention particulière au modelé des figures, ainsi qu’un goût partagé pour la représentation des chevaux.

Après quelques premiers travaux décoratifs et religieux, Delacroix se révèle au public au Salon de 1822 avec La Barque de Dante, achetée par l’État. Il s’impose véritablement deux ans plus tard avec Les Scènes des massacres de Scio, présentées au Salon de 1824, qui font de lui l’une des figures majeures de la jeune école romantique.

En 1825, un séjour en Angleterre élargit encore son horizon artistique : il y découvre Shakespeare, l’aquarelle anglaise et l’œuvre de Constable. De retour en France, il poursuit une production ambitieuse et présente notamment La Mort de Sardanapale, inspirée par la tragédie de Byron, exposée au Salon de 1827-1828.

En 1830, Delacroix peint l’une de ses œuvres les plus célèbres, La Liberté guidant le peuple, exposée au Salon de 1831 et bientôt élevée au rang d’icône politique. Sa réputation grandissante lui vaut, dès les premières années de la monarchie de Juillet, d’importantes commandes publiques. L’année 1832 marque un tournant décisif : il accompagne la mission diplomatique du comte Charles de Mornay auprès du sultan du Maroc et entreprend un long voyage qui le mène de Toulon à Tanger, puis au Maroc, en Algérie et en Espagne. Durant ces six mois, il remplit carnets et lettres, accumulant croquis et observations. Cette découverte de l’Afrique du Nord – sa lumière, ses couleurs, ses costumes et ses attitudes – nourrit durablement son œuvre et inspire nombre de compositions orientalistes, parmi lesquelles Femmes d’Alger dans leur appartement (1834) ou Le Sultan du Maroc (1845). Considéré comme l’un des principaux représentants du romantisme, Delacroix rapporte de ses voyages une abondance d’études et de croquis orientalistes.

Dessinateur de grand talent, il multiplie les études à la pierre noire, au graphite, au fusain ou à l’encre, dont le trait vif et expressif traduit le mouvement avec une grande intensité. Certains dessins servent de préparations à des compositions plus ambitieuses, comme celui du Cavalier arabe, lié au tableau Marocain sellant son cheval conservé au musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg.

À partir de 1833, année de sa première grande commande pour le Salon du Roi au Palais-Bourbon, Delacroix devient l’un des principaux décorateurs de son temps. Il réalise successivement les décors de la bibliothèque de la Chambre des députés (1838-1847), de la bibliothèque du Luxembourg (1840-1846), de la Galerie d’Apollon du Louvre (1850), puis le vaste ensemble de la chapelle des Saints-Anges à l’église Saint-Sulpice (1849-1861), considéré comme l’un des sommets spirituels de sa carrière.

Artiste admiré par Baudelaire et soutenu par Adolphe Thiers, Delacroix est célébré à l’Exposition universelle de 1855, où une rétrospective de trente-cinq œuvres lui est consacrée. La même année, il est fait commandeur de la Légion d’honneur avant d’être enfin élu à l’Institut en 1857, après plusieurs candidatures infructueuses.

Jusqu’à la fin de sa vie, malgré une santé fragile, Delacroix poursuit une œuvre d’une remarquable diversité mêlant tableaux d’histoire, sujets religieux, scènes orientales, paysages et natures mortes florales, tout en rédigeant des textes critiques et les pages de son Journal, témoignage essentiel sur l’art du XIXᵉ siècle. Il meurt à Paris en 1863 dans son atelier de la rue de Furstenberg, aujourd’hui musée. Par la liberté de sa couleur, la puissance de son invention et la profondeur de sa sensibilité littéraire, il demeure l’un des peintres majeurs du romantisme et l’une des figures déterminantes du renouvellement de la peinture française au XIXᵉ siècle.

 

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