Charles Hutin 

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Biographie de Charles Hutin  ( 1847-1898 )

Bien qu’il soit né à Paris en 1847, on dispose de peu de renseignements sur la jeunesse et la formation artistique de Charles Hutin. Il est l'élève Léon Légat, dont il retient la rigueur du dessin, la facture soignée, ainsi qu’un certain goût pour les maîtres flamands du XVIIème siècle. Discret et indépendant, il mène une carrière éloignée des grands courants officiels, préférant à la peinture d’histoire les instants suspendus et les silences domestiques que lui offre l’intimité de son quotidien.
Exposant régulièrement au Salon à partir de 1874, l’artiste retient l’attention des amateurs par ses subtiles scènes de genre et ses natures mortes finement composées. Élu sociétaire du Salon des Artistes Français en 1883, Hutin se mêle également à certains cercles d’avant-garde, et participe en octobre de cette même année à la première exposition des Arts Incohérents, groupe tout juste fondé par Jules Lévy. Dès l’année suivante, il prend part à la première édition du Salon des Indépendants, avant de rejoindre en 1890 la Société Nationale des Beaux-arts, où il assoit définitivement sa réputation d’artiste au talent singulier.

Charles Hutin appartient à cette génération d’artistes pour lesquels la deuxième moitié du XIXᵉ siècle constitue un moment de renouvellement du goût et des genres picturaux. Dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle, la nature morte connaît en France un renouveau remarquable, oscillant entre fidélité aux traditions hollandaises et recherche d’effets modernisés. Alors que le Salon continue de valoriser les compositions savantes fondées sur l’exactitude du dessin et la virtuosité technique, une génération de peintres — parmi lesquels Antoine Vollon, Théodule Ribot, François Bonvin, Henri Fantin-Latour ou encore Jean-Baptiste Robie — explore les possibilités expressives et matérielles du genre. Héritiers du réalisme, ces artistes accordent une attention accrue aux textures, aux effets de lumière, à la présence silencieuse des objets du quotidien, parfois transfigurés en sujets nobles.
Dans le même temps, l’essor des collections, de l’art décoratif et des objets d’extrême-orient inspire des compositions plus somptueuses, proches du cabinet d’amateur. Ce contexte favorise des peintres comme Charles Hutin, qui associent rigueur descriptive, goût des matières et, parfois, une veine narrative ou satirique renouvelant la tradition de la nature morte à la fin du siècle. Hutin s’inscrit pleinement dans ce mouvement. Les titres des œuvres qu’il expose au Salon entre 1874 et 1882 confirment sa spécialisation dans la nature morte, un domaine où son talent se manifeste par la précision des détails et la richesse des compositions.

S’il n’existe pas, à ce jour, de trace documentée de liens d’amitié, de collaboration ou de fréquentation directe entre Hutin et les grands spécialistes de la nature morte de son temps, ses œuvres témoignent néanmoins d’une proximité esthétique avec cette génération. Son travail partage avec Vollon le goût des matières denses, avec Fantin-Latour la subtilité des mises en scène et, avec Ribot ou Bonvin, la valeur accordée à la lumière comme révélatrice des objets. Il appartient à cette constellation d’artistes parfois discrets dont la production contribue à la vitalité d’un genre très estimé des collectionneurs et des jurys du Salon.

Installé au 40, rue d’Aboukir à Paris, au cœur d’un quartier animé par les marchands d’art, les antiquaires et les ateliers, Hutin évolue dans un environnement qui nourrit son goût pour les objets rares et les curiosités. Le musée de Langres conserve son tableau La Pâtée, œuvre intime qui confirme sa maîtrise du genre.

32 avenue Marceau
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