Achille Laugé 

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Biographie de Achille Laugé  ( 1861-1944 )

« Laugé peint toujours en tons purs, mais les touches, au lieu d'être simplement juxtaposées, se fondent et se mélangent sur la toile, en harmonies parentes de celles de Monet. Vus de tout près, ses tableaux ont le poudroiement des ailes de papillons. À distance, leur surface lisse donne une impression très forte de vibration lumineuse, sans que le modelé soit en rien sacrifié. On admirera parmi ses paysages toute la série des arbres fleuris, amandiers ou pêchers des jardins roussillonnais ; la série des genêts dorés des routes languedociennes. » 

Mistler, Jean, Préface au catalogue de l’exposition Achille Laugé, Paris, Galerie Georges Petit, du 16 au 30 juin 1927

Né au sein d’une famille de paysans, Achille Laugé se destine d’abord au métier de pharmacien. Tout en effectuant un stage dans une pharmacie toulousaine, il fréquente très jeune l’École des Beaux-Arts de Toulouse entre 1876 et 1881. Il y fait la connaissance d’Antoine Bourdelle, Henri Martin et Henri Marre, avec lesquels il noue une amitié durable. Encouragé par ces derniers, Laugé décide d’embrasser une carrière artistique et rejoint Paris en 1882 afin d’intégrer l’École nationale supérieure des Beaux-Arts. Il y suit successivement l’enseignement d’Alexandre Cabanel puis celui de Jean-Paul Laurens jusqu’en 1886. Durant ces années, il retrouve Bourdelle et partage son atelier rue Bonaparte, puis celui d’Aristide Maillol rue de Sèvres, avec qui il entretient également des liens d’amitié.

Peu attiré par l’enseignement académique, Laugé s’intéresse très tôt aux recherches des néo-impressionnistes. Il découvre l’œuvre de Georges Seurat, Paul Signac et Camille Pissarro et adopte la technique de la division des couleurs et du pointillisme, qu’il adapte cependant à sa propre sensibilité. Admirateur de Puvis de Chavannes, il conserve parallèlement un goût pour un art construit, privilégiant la pureté des lignes, le rythme des formes et une certaine monumentalité.

Profondément attaché à Carcassonne et à son terroir natal, Achille Laugé quitte la capitale en 1888 pour s’installer définitivement dans l’Aude. En 1893, il présente pour la première fois plusieurs paysages au Salon des Indépendants, puis expose l’année suivante à Toulouse dans les locaux de La Dépêche du Midi, aux côtés de Bonnard, Denis, Vallotton, Vuillard, Anquetin ou Sérusier. Malgré ces soutiens, la réception critique demeure mitigée : l’usage de la division de la couleur conduit certains commentateurs à le considérer comme un simple suiveur. Bourdelle reconnaît pourtant très tôt l’originalité de sa démarche, saluant « une vision très personnelle, beaucoup de logique sereine et un beau don de l’unité dans l’amour de l’air lumineux qui règne jusque dans tes ombres ».

Après la mort de son père, Laugé s’installe à Cailhau, dans la région du Razès, où il trouve désormais la principale source de son inspiration. Peintre profondément attaché à son environnement, il travaille le plus souvent en plein air, parfois à l’huile, parfois au pastel, avant de reprendre ses compositions en atelier dans une technique pointilliste assouplie. Ses paysages reprennent fréquemment les mêmes motifs — vergers, chemins, collines ou arbres en fleurs — observés à différentes heures et saisons. Refusant l’anecdote comme le pittoresque, il s’attache avant tout à restituer les effets changeants de la lumière méridionale. En 1905, jugeant ses simples notes prises sur le motif insuffisantes, il fait construire une roulotte-atelier qui lui permet de travailler directement devant le paysage par tous les temps.

Sa carrière demeure pourtant discrète et ponctuée de refus aux Salons : son tableau Devant la fenêtre est rejeté par la Société nationale des Beaux-Arts en 1900, tout comme son envoi au Salon d’Automne en 1908. Lassé de ces échecs, Laugé privilégie désormais les marchands parisiens — Achille Astre, Alvin-Beaumont, Bernheim ou Georges Petit — tout en bénéficiant du soutien d’une partie de la bourgeoisie de sa région, notamment Maurice Fabre et Achille Rouquet.

Entre 1910 et 1919, grâce à l’appui de son ami Albert Sarraut, il reçoit plusieurs commandes publiques, dont des cartons de tapisseries exécutées par les manufactures de Beauvais et des Gobelins, ainsi qu’un remarquable tapis de Savonnerie conservé aujourd’hui par le Mobilier national.

Peintre solitaire et profondément enraciné dans le paysage du Languedoc, Achille Laugé développe une œuvre singulière, caractérisée par la division subtile de la lumière, l’emploi de tons purs et une construction rigoureuse de l’espace. Longtemps restée confidentielle, sa production est aujourd’hui reconnue comme l’une des expressions les plus personnelles du néo-impressionnisme, révélant la poésie silencieuse de la nature méridionale.

 

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