Né en 1841 à Limoges au sein d’une famille d’artisans qui s’installe à Paris dès 1844, Pierre-Auguste Renoir est aujourd’hui considéré comme l’une des figures majeures de la peinture française de la seconde moitié du XIXᵉ siècle. Souvent qualifié de « peintre du bonheur », il demeure aussi celui de la sensualité, des scènes de vie et des figures féminines lumineuses qui traversent toute son œuvre.
À l’âge de treize ans, Renoir entre comme apprenti dans l’atelier de porcelaine Lévy Frères & Compagnie, où il peint des décors sur porcelaine, tout en suivant les cours du soir de l’École de dessin et d’arts décoratifs. Il travaille également comme décorateur d’éventails. En 1862, il réussit le concours d’entrée à l’École des beaux-arts de Paris et intègre l’atelier du peintre Charles Gleyre. Il y rencontre Claude Monet, Frédéric Bazille et Alfred Sisley, avec lesquels il se lie d’une profonde amitié. Ensemble, les jeunes artistes vont peindre sur le motif dans la forêt de Fontainebleau et aux environs de la Seine, expériences décisives dans l’émergence de leur pratique de la peinture en plein air.
Après une première tentative infructueuse, Renoir voit l’un de ses tableaux accepté au Salon de 1864. Le séjour qu’il effectue avec Monet à la Grenouillère, sur l’île de Croissy-sur-Seine, marque un tournant important dans son évolution artistique : travaillant directement sur le motif, il éclaire sa palette et fragmente sa touche, participant pleinement à la naissance du langage impressionniste.
Installé à Montmartre après la guerre franco-prussienne, Renoir rencontre le marchand Paul Durand-Ruel, qui deviendra l’un des principaux soutiens du mouvement impressionniste.
En 1874, il participe activement à la première exposition impressionniste, où il présente sept œuvres aux côtés de Monet, Pissarro, Cézanne, Sisley et Berthe Morisot. Il prend également part aux expositions de 1876 et 1877, année où il peint l’un de ses chefs-d’œuvre, Le Bal du moulin de la Galette. À partir de 1879, cependant, il se rapproche de nouveau du Salon officiel et s’éloigne progressivement du groupe impressionniste.
Au cours des années 1880, Renoir multiplie les portraits de commande et entreprend plusieurs voyages qui marquent profondément son évolution stylistique. Entre 1881 et 1883, il séjourne notamment en Italie, dans le sud de la France et en Afrique du Nord. La découverte de la peinture de la Renaissance italienne, et notamment de Raphaël, l’amène à réaffirmer l’importance du dessin et à rechercher une structure plus solide dans ses compositions. Cette réflexion aboutit notamment aux célèbres Grandes Baigneuses de 1887 (Musée des Beaux-Arts de Philadelphie), inaugurant les séries de nus et de baigneuses auxquelles il restera fidèle jusqu’à la fin de sa vie.
À partir des années 1890, le style de Renoir retrouve davantage de souplesse et de fluidité : sa touche s’assouplit, sa palette se réchauffe et ses compositions gagnent en sensualité et en luminosité. L’artiste peint au cours de sa carrière plus de cinq mille tableaux, dont de nombreuses études et esquisses, mais aussi plusieurs centaines de chefs-d’œuvre aujourd’hui conservés dans les plus grands musées du monde.
Dès la fin du siècle, Renoir est reconnu comme une figure majeure de l’art occidental. Il expose largement en Europe et aux États-Unis et participe aux grandes manifestations artistiques parisiennes, notamment au Salon d’Automne. Chevalier de la Légion d’honneur en 1900, il bénéficie d’une importante rétrospective au Salon d’Automne en 1904 avant d’être promu officier en 1911.
Souffrant de graves problèmes de santé, Renoir s’installe en 1903 avec sa famille à Cagnes-sur-Mer, sur la Côte d’Azur. En 1907, il acquiert le domaine des Collettes, où il continue de peindre malgré la maladie, entouré d’un univers simple et lumineux qui nourrit son inspiration. Encouragé par le marchand Ambroise Vollard, il s’essaie également à la sculpture dans les dernières années de sa vie.
Pierre-Auguste Renoir s’éteint en 1919 dans sa propriété des Collettes. Il laisse une œuvre immense qui demeure l’une des expressions les plus éclatantes de la peinture impressionniste et post-impressionniste, célébrant avec une sensualité unique la lumière, la nature et la joie de vivre.