Aucune oeuvre ne correspond
Fils de commerçants, bien qu’il revendique une origine paysanne, Alexandre Séon reçoit une éducation classique et se révèle très tôt doué pour le dessin et la peinture. Il subit l’influence de sa région aux sites mystérieux et aux légendes fantastiques, propices à un imaginaire débridé. Admis aux Beaux-Arts de Lyon, Séon pratique le dessin d’ornement pour l’industrie de la région. C’est en 1877 qu’il s’installe à Paris où il entre à l’École des Beaux-Arts dans l’atelier d’Henri Lehmann. Il y rencontre Georges Seurat dont il restera un ami très proche, mais aussi Alphonse Osbert, Aman-Jean ou Ernest Laurent.
En 1880, l’artiste se lasse des études académiques et demande les conseils de Puvis de Chavannes dont il devient l’élève préféré et un collaborateur proche dans la mise en place des grands décors du maître (Panthéon, escalier du musée de Lyon etc.). Séon expose au Salon à partir de 1879 puis à la Société nationale des Beaux-Arts de 1890 à 1896, et de nouveau aux Artistes français à partir de 1897. Il avait remporté le concours pour le décor de la salle des mariages de la mairie de Courbevoie, réalisé à partir de 1885, ensemble salué par la critique et en partie présenté à l’Exposition universelle de 1889. Malgré son ambition de décorateur, le peintre, à l’exception de quelques commandes privées (chapelle du château de l’Orfrasière), devra désormais se contenter d’un art de chevalet.
Proche de Joséphin Péladan, dont il réalise le portrait, il est l’un des fidèles exposants des Salons de la Rose+Croix de 1892 à 1897. Pour ses peintures et dessins d’une inspiration idéaliste et d’une grande perfection de forme, Séon devient l’une des figures estimées des théoriciens du symbolisme. Alphonse Germain lui consacre de nombreux écrits. Soucieux de « concilier l’Idéalisme avec l’esprit moderne », ainsi qu’il l’écrit au ministre des Beaux-Arts en 1892, Séon est aussi un humaniste préoccupé par son temps.
Professeur des écoles de Paris, soucieux de transmettre la beauté, il participe à la fondation des Universités populaires, édite des lithographies à bon marché pour les plus modestes et rêve de changer le monde par l’art. Le poète Ernest Raynaud le qualifie de « missionnaire de la beauté ». Ami des poètes, illustrateur remarquable, cet artiste singulier, solitaire et exigeant, est respecté de tous, même de ceux qui n’appartiennent pas à la sphère idéaliste. Alliant subtilement l’héritage de Puvis de Chavannes et celui de Seurat, Séon laisse un corpus inspiré où quête visionnaire, antiquité revisitée et pureté de la forme transposent la beauté de la nature et l’idéal d’une perfection humaine en un univers baudelairien, au-delà des réalités matérielles et des querelles d’écoles.