Léon Spilliaert 

Léon Spilliaert 

Biographie de Léon Spilliaert  ( 1881-1946 )

« J’aimerais extraire l’essence de ce que je vois, la réalité de ce qui est, et bien plus qu’une image finie, l’idée bouge au fond de la nuit, je suis né dans un monde étrange et je n’ai pour l’approcher que l’étrangeté des sensations ». Stéphane Lambert 

Léon Spilliaert naît le 28 juillet 1881 à Ostende sur la côte Belge dans une famille bourgeoise. Son père tient une parfumerie prospère qui fournit la cour du roi de Belgique, ainsi qu’un salon de coiffure. Enfant sensible et introverti, il s’intéresse dès son plus jeune âge à la peinture et la littérature. De santé fragile, penseur et rêveur, il est souvent perdu dans son monde intérieur. Au cours de sa scolarité, il développe un vif intérêt pour la poésie et la philosophie, notamment Nietzsche et Schopenhauer et remplit ses cahiers de classe de dessins. En 1900, après seulement quelques mois à l’Académie des beaux-arts de Bruges, il abandonne ses études pour raison de santé et est radié du registre de l’Académie. Il se rend alors à Paris avec son père et visite l’Exposition Universelle, qui fait la part belle aux symbolistes. 

N’ayant qu’une très brève formation artistique, Spilliaert développe un style personnel, travaillant principalement l’encre de chine, l’aquarelle et le crayon, à la plume ou au lavis. 

En 1902 il commence à travailler pour l’éditeur Edmond Deman, il passe alors du temps à Bruxelles et fréquente d’éminents écrivains et artistes de la société intellectuelle locale. Spécialisé dans le symbolisme, Deman publie de nombreux auteurs dont Spilliaert se sent proche, en 1903 il exécute 348 compositions originales à l’encre de chine pour illustrer les trois volumes du « Théâtre » de Maeterlinck, témoignage de l’importance que revêt à ses yeux l’univers imaginaire du poète. C’est également à cette époque qu’il commence ses premiers autoportraits. 

Introduit dans le milieu artistique parisien par Verhaeren avec qui il se lie d’amitié, il expose peu après aux cotés de Picasso à la galerie Clovis Sagot, à qui il confiera régulièrement des œuvres. Quelques années plus tard il rencontre Stephan Zweig qui lui commande des toiles, puis Franz Hellens qui le représente dans la revue L’Art Moderne notamment en évoquant la relation qu’il perçoit entre l’art de Spilliaert et la poésie d’Edgar Allan Poe. Dans les années 1910-1930, il est exposé aux côtés de grands artistes tels que Robert Delaunay et Fernand Léger. Il connaît un grand succès à Bruxelles et à Paris où plusieurs rétrospectives lui sont également consacrées. Les deux guerres mondiales vont évidemment le marquer : il devra s’exiler deux fois car Ostende est occupée par les Allemands et sa maison d’enfance est détruite. Il coupe dorénavant tout lien avec l’Allemagne, refusant d’y exposer ou d’y vendre des œuvres.

Ayant toujours eu une santé fragile, il meurt d’insuffisance cardiaque le 23 novembre 1946 à Bruxelles. 

Bercé par les écrits de Nietzsche, Poe et Chateaubriand, ses goûts littéraires forment un cosmos cohérent avec son œuvre picturale. Sa recherche formelle épouse son questionnement humain, son imaginaire prend ainsi la forme d’une fuite permanente, hors du réel. Projections de son intériorité, ses œuvres expriment une angoisse intérieure, un sentiment de solitude, une atmosphère où l’immatériel prend beaucoup de place. Si elle est énigmatique, l’œuvre de Spilliaert est également extrêmement onirique, qualifiée comme « un monde de fantômes » par Leïla Jarbouai, où le vide tient une place majeure ; le vide est habité, omniprésent, il mène le spectateur à s’imaginer un scénario sur ce qui est arrivé avant la scène qu’il regarde. 

Son travail prend corps dans un processus imaginaire qui fonctionne en marge de sa solitude ; attente, étrangeté de la nature, menace incarnée par l’autre, toute cette théâtralité passe par une économie de moyens dont il réussit à tirer une grande richesse d’effets. Harmonie chromatique, extension de la ligne, déploiement de la surface dans le plan, sa maitrise extraordinaire de ce langage plastique constitue une force d’expression au service de son questionnement intérieur. 

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