James Ward 

James Ward 

Biographie de James Ward  ( 1769-1859 )

Né à Londres dans un milieu très modeste, James Ward est le fils d’un marchand de fruits, légumes et cidre. Contraint de quitter l’école avant même de savoir lire et écrire, il doit dès l’âge de neuf ans travailler pour aider sa famille et gagne quelques shillings par semaine en lavant des bouteilles. Trois ans plus tard, il commence à se former à la gravure. Auprès de son frère aîné William Ward et du graveur John Raphael Smith, dont l’atelier est alors l’un des plus réputés de Londres, il apprend la technique du mezzotinto, ou gravure en manière noire. Ce procédé lui permet de reproduire les œuvres d’artistes reconnus ; il grave ainsi aussi bien les maîtres anciens que certains de ses célèbres contemporains, parmi lesquels Gainsborough ou Reynolds.

Désireux de pallier l’absence de formation académique, Ward suit parallèlement des cours d’anatomie et de dessin qui viennent compléter le sens aigu de l’observation qu’il a développé par la pratique de la gravure. Vers 1790, il commence à peindre ses propres compositions. Ses premières œuvres sont principalement des scènes de genre, très influencées par son beau-frère George Morland, auprès duquel il puise un goût pour les sujets rustiques ainsi qu’une sensibilité préromantique du paysage, empreinte d’une poésie parfois mystérieuse.

À la fin du XVIIIᵉ siècle, Ward reçoit une commande du Conseil de l’Agriculture visant à recenser les différentes races de bétail présentes en Grande-Bretagne. Il parcourt alors le pays et réalise plus de deux cents dessins d’animaux, qu’il vend parfois mais conserve le plus souvent. Cette expérience renforce son intérêt pour le monde animal et développe parallèlement son attrait pour les paysages britanniques, dont le caractère sauvage et romantique correspond profondément à sa sensibilité.

Une étape décisive dans l’évolution de sa peinture intervient en 1803, lorsqu’il découvre le tableau de Pierre Paul Rubens, Le Château de Steen, récemment acquis par Sir George Beaumont et aujourd’hui conservé à la National Gallery. L’œuvre impressionne fortement Ward et influence durablement sa technique : sa palette s’enrichit alors de couleurs plus profondes et plus vibrantes.

Nommé peintre et graveur en manière noire du prince de Galles en 1794, Ward poursuit parallèlement sa carrière de peintre et voit sa réputation croître. Il devient membre associé de la Royal Academy en 1807, puis académicien à part entière en 1811, consécration pour l’artiste alors âgé de quarante-deux ans. Au sommet de sa carrière, il réalise son paysage le plus ambitieux, représentant les falaises calcaires et le ravin de Gordale Scar dans le Yorkshire. Cette toile monumentale, emblématique du goût romantique pour le « sublime », connaît une grande popularité et est aujourd’hui conservée dans les collections de la Tate à Londres.

C’est également à partir de cette période que Ward fait du cheval l’un de ses sujets de prédilection. Sans doute inspiré par George Stubbs, maître incontesté de la représentation équine, ou encore par Sawrey Gilpin, dont les chevaux déjà animés d’un souffle préromantique étaient protégés par le duc de Cumberland, Ward développe cependant une approche très personnelle. Par un graphisme nerveux et une dramaturgie accentuée, il confère à ses compositions une intensité et une étrangeté qui frappent le public comme la critique. Entre 1813 et 1826, il expose ainsi sans discontinuer à la Royal Academy une série de quatorze tableaux de chevaux dédiés au roi George III. L’artiste reçoit alors d’importantes commandes, notamment de George IV qui acquiert trois de ses toiles entre 1821 et 1824, aujourd’hui les seules œuvres de Ward conservées dans la Royal Collection.

Considéré comme l’un des principaux artistes du romantisme britannique, Ward se distingue particulièrement par ses représentations de chevaux et par ses paysages dramatiques, admirés notamment par Delacroix et Géricault. Désabusé par le monde de l’art, il se retire cependant à partir de 1830 à Cheshunt, dans le Hertfordshire. Bien qu’il continue à exposer occasionnellement, il mène jusqu’à sa mort en 1859 une existence de plus en plus retirée, vivant presque en ermite dans son cottage, loin du tumulte de la scène artistique londonienne.

 

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