FR
/
EN

Jeune fille malgache à la cruche

Georges Charles Barberis 
1880-1980

Jeune fille malgache à la cruche
Bronze à patine brune signé sur la terrasse.
Cachet de fonte Colin
Dimensions : 
h : 55 cm

Description de l'oeuvre

À la suite d'un long séjour à Madagascar dans les années 1920, Georges Charles Barberis développe un corpus d'œuvres consacré à la Grande Île, dont il observe avec attention les paysages, les traditions et les habitants. Lauréat d'une bourse de voyage, il séjourne plusieurs années sur place, multipliant croquis et études qui nourriront durablement son œuvre sculptée. Cette expérience marque un tournant dans sa carrière et lui vaut notamment de participer à l'Exposition coloniale internationale de 1931.

Cette Jeune fille malgache à la cruche compte parmi les réalisations les plus abouties de cette période. L'artiste y représente une jeune femme transportant une grande jarre sur son épaule, geste quotidien qui, bien au-delà de sa fonction utilitaire, évoque l'eau comme source de vie et l'un des gestes les plus universels de l'existence humaine. Depuis l'Antiquité, la figure de la porteuse d'eau occupe une place privilégiée dans l'histoire de l'art. Des canéphores grecques aux paysannes de Jean-François Millet, des scènes orientalistes du XIXᵉ siècle aux compositions d'Aristide Maillol, elle incarne tout à la fois la simplicité du quotidien, la grâce du mouvement et une forme de dignité silencieuse.

Barberis s'inscrit dans cette tradition tout en lui donnant une identité profondément personnelle. Loin de rechercher l'anecdote pittoresque, il privilégie une représentation sobre et respectueuse. La silhouette élancée, la légère inclinaison du corps sous le poids de la cruche et le modelé délicat des drapés confèrent à la composition un remarquable équilibre. La patine brune accentue la douceur des volumes et révèle une sensibilité toute particulière au jeu de la lumière sur les surfaces du bronze.

Cette œuvre témoigne également de l'évolution de la sculpture figurative française durant l'entre-deux-guerres. Si Barberis demeure attaché à une écriture naturaliste héritée de sa formation académique, il simplifie progressivement les formes, recherchant davantage la pureté de la ligne et l'harmonie des masses que le détail descriptif. Cette économie de moyens renforce le caractère intemporel de la figure, qui dépasse le simple témoignage ethnographique pour atteindre une portée plus universelle.

Fondé par Colin, l'un des plus importants ateliers de fonte d'art parisiens de la première moitié du XXᵉ siècle, ce bronze appartient aux œuvres les plus emblématiques de Georges Charles Barberis. Il illustre parfaitement la rencontre entre un regard attentif porté sur les cultures lointaines et une recherche plastique où la noblesse du geste quotidien devient un véritable sujet de sculpture.

Provenance

Collection particulière, France

Œuvres à découvrir

32 avenue Marceau
75008 Paris, France
Du lundi au vendredi de 10h à 19h
Le samedi de 14h à 19h
NEWSLETTER : Si vous souhaitez recevoir notre newsletter, veuillez saisir votre adresse email :