Dans cette composition d'une grande intensité chromatique, Françoise Gilot déploie un univers végétal où la nature se recompose selon un langage de formes simplifiées et de rythmes colorés. Dominée par une palette de bleus profonds et de verts lumineux, l'œuvre évoque une forêt traversée de lumière, dont émergent deux oiseaux stylisés, discrètement intégrés à la structure de la composition.
Loin d'une représentation naturaliste, Gilot construit l'espace par un jeu de lignes noires, de surfaces géométrisées et de transparences qui fragmentent le paysage sans jamais en rompre l'harmonie. Les oiseaux deviennent les véritables points d'équilibre de l'œuvre : leurs silhouettes anguleuses dialoguent avec les courbes des feuillages et les multiples plans qui composent cette architecture végétale.
Peintre profondément attachée à l'observation du monde vivant, Françoise Gilot fait de la nature un territoire d'invention. Les arbres, les oiseaux et les éléments organiques constituent chez elle un vocabulaire plastique récurrent, qu'elle renouvelle sans cesse à travers une écriture libre, nourrie aussi bien par le cubisme que par les recherches de l'abstraction lyrique.
Collection privée, USA